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Pourquoi on choisit d’avoir des enfants
Ils et elles sont de plus en plus nombreux à remettre en question le fait d’avoir des enfants, de fonder une famille, etc. La parole se libère. Mais on entend plus rarement (et c’est dommage), les parents et futurs parents nous raconter pourquoi ils ont, un jour, choisi d’avoir des enfants. Oui, on parle bien de ces petits êtres qui nous prennent tout notre temps, tout notre argent, qui polluent et qui sont souvent assez… ingrats. Voici quelques témoignages qui nous réconcilient (un peu) avec l’humanité.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, l’avis d’une sociologue paraissait important. Est-ce qu’on est fous et/ou égoïstes de continuer à vouloir se reproduire étant donné le chaos ambiant (surpopulation, limite des ressources planétaires, pandémie) ? Telle est la question existentielle et idéologique. « D’abord, il faut rappeler que depuis notre ère moderne, les femmes ont été considérées et reconnues comme mères. C’est à travers ce statut qu’elles obtenaient de la reconnaissance. Dans ce contexte, il est évident que le désir d’avoir des enfants est, selon les sociétés, les époques et les milieux, programmé dans notre fibre sociale. Le désir d’enfant est un désir qui est socialisé, socialement induit », m’explique Francine Descarries, professeure de sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
« Alors vouloir ou non des enfants, cela relève surtout de l’intime. J’ai envie de dire : chacun ses affaires ! Les parents et futurs parents font peut-être partie de celles et ceux qui gardent espoir, qui ont confiance en le progrès de la science pour changer les choses, inverser les tendances, etc. C’est toujours la même chose : on est le produit de notre évolution. Et puis, au final, je crois que la majorité des gens ne veulent pas l’extinction de notre société, tout simplement… Mais, soyons honnêtes, il y autant de raisons de vouloir des enfants que de ne pas en vouloir », me lance la spécialiste avant de raccrocher et de me laisser encore plus songeuse. Retour à la case départ.
En y réfléchissant bien et en me posant la question à moi-même, en mon for intérieur de maman, je pense avoir eu envie d’avoir un enfant pour laisser une trace de mon idylle avec son autre maman. Un peu comme si cet enfant allait pouvoir signifier à tout le monde qu’on a vécu une putain de belle histoire. En tant que personne de la communauté LGBTQ+, on a aussi sûrement envie de devenir parents pour prouver à une certaine partie de la société, qu’on est capables et légitimes. Et puis surtout qu’on est libres.
Florent, papa de 3 enfants
« J‘ai voulu avoir des enfants d’abord parce que je vois ça comme un aboutissement de l’amour que nous ressentons l’un pour l’autre. Comme si cet amour allait créer un être qui est le fruit de cette magie et de cette tendresse. Quelque chose de beau et qui nous échappe. C’est aussi, je pense, un mimétisme : reproduire le schéma familial que j‘ai vécu, même inconsciemment. Enfin, le défi personnel : c’est le plus grand challenge d’une vie, amener un être à goûter la vie et lui donner les moyens d’en profiter de la meilleure façon. On n’y arrive jamais entièrement, c’est sans doute ça qui rend la chose exceptionnelle. »
Diane, maman de 2 enfants
« Moi le truc des enfants, à la base, c’était presque un intérêt scientifique : j’étais vraiment curieuse et fascinée de la métamorphose corporelle, de l’accouchement, du fait de voir de petits humains évoluer, devenir des personnes, des individus totalement inédits. Je n’étais pas spécialement attirée par les enfants en général, ceux des autres, et j’étais bien consciente de toutes les emmerdes et restrictions de liberté qui venaient avec. Mais j’avais l’intuition que ce serait globalement une bonne chose. Puis, maintenant que j’en ai un, je me rends compte que je n’avais absolument pas idée que je l’aimerais autant. J’ai l’impression d’être dans un état amoureux permanent : je ne me lasse pas de mon fils. Je trouve que c’est difficile et épuisant d’être parent, mais la dose d’amour réciproque que ça amène est juste incroyable. C’est pour ça que j’en fais un autre. La parentalité me procure énormément de bonheur, tout simplement. Et je trouve que ça compense largement les côtés pénibles… Mais c’est tout sauf raisonnable de faire des enfants. »
Simon*, qui rêve d’être papa avec son conjoint
« Je ressens vraiment le besoin de procréer. C’est bête, mais j’ai l’impression que c’est juste le next level logique de mon accomplissement dans la vie. Non pas parce que tout le monde fait ça, mais parce que je pense que j’ai besoin de ce cap, d’avoir cette responsabilité. J’ai envie d’éduquer mon propre enfant, de pouvoir lui transmettre mes valeurs. J’aurais l’impression de vraiment passer à côté de quelque chose sinon, je serais très triste de ne pas en avoir. J’ai trop de love à donner ! Et puis, ça serait un fort engagement aussi avec la personne que j’aime, une évolution dans notre couple, un petit bout de nous 2 en plus. Avant même que ce petit être existe, j’ai l’impression de connaitre la connexion que je pourrais avoir avec lui… Comme si je l’aimais déjà alors qu’il n’existera peut-être jamais. »
Jennifer, mommy d’un enfant avec sa partenaire
« J’ai toujours senti qu’être parent faisait partie de mon cheminement de vie. C’est un feeling que j’ai depuis longtemps. Je voulais aussi partager cette expérience d’être parent avec ma partenaire. C’est une aventure extraordinaire… Difficile à décrire. En ce moment, l’idée d’avoir un deuxième enfant me traverse l’esprit. Mais on le fera au bon moment, quand on se sentira prêtes toutes les 3 (moi, ma femme et notre premier enfant) à accueillir un nouveau petit être parmi nous. »
Romain, papa d’un ENFANT
« L’arrivée de mon fils n’était pas du tout prévu au programme. Je désirais avoir des enfants depuis toujours mais je n’avais pas planifié que ça soit aussi soudain. Une fois la nouvelle amortie, j’ai eu envie de crier de joie (comme si ma vie avait enfin du sens !) et… de peur. Aujourd’hui qu’il est là, je ne pourrais plus envisager ma vie sans être père. Je l’aime tellement que parfois je me demande comment je vais faire pour trouver autant d’amour en moi si une deuxième tête blonde pointe le bout de son nez. Je l’envisage quand même car c’est un peu dommage d’être enfant unique. Et parce que je rêve d’avoir une fille. Un des amis m’a dit hier soir que c’est vers 45 ans qu’on comprend l’importance d’avoir fait un enfant dans sa trentaine. Il est plutôt bon philosophe alors j’ai envie de le croire. »
Alexandre*, papa d’un ENFANT
« Ma femme et moi avons vécu pas mal de turbulences. Un premier mariage annulé 1 an avant l’échéance, une séparation d’1 an, un rabibochage et enfin un vrai mariage. Après tout ça, du haut de nos 33 ans, la question d’avoir un enfant s’est posée. Les épreuves qu’on avait eues me disait qu’on était maintenant prêts à avoir un enfant. Et puis, on a eu des soucis de fertilité. Ça a donc été beaucoup de remises en question parce qu’il fallait passer par une solution non naturelle. J’avais encore envie mais j’essayais de relativiser beaucoup. Sûrement pour me protéger aussi, je me disais que je pourrais faire pleins d’autres choses et qu’après tout ce n’était pas une fin en soi d’avoir un enfant. Presque 2 ans plus tard, à la première insémination intra-utérine, ma femme est tombée enceinte. J’étais super heureux, mais depuis j’ai toujours essayé de désacraliser un peu le fait d’avoir des enfants. Je pense qu’il faut vraiment être sûr de soi. Moi je l’ai fait pour connaitre l’expérience d’être père et de donner de l’amour à quelqu’un d’autre. On a ensuite essayé d’avoir un deuxième enfant, mais on n’a pas réussi après de nombreuses tentatives, alors on a décidé de laisser tomber. »
Vous regrettez d’avoir eu un enfant ? On en parle aussi ici.
* Les noms ont été modifiés