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COVID-19: dîner avec ses proches sans se contaminer, mode d’emploi

Vous avez le droit d'enlever vos masques pour manger (sans toucher à la partie en tissu).

Par
Owen Barrow
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La sociabilisation post confinement, ça marche comment? Difficilement, quand même. Loin de nous l’idée d’un retour en bombe sur les terrasses. Ça, on l’a bien compris. Tout ce qui arrive risque d’être long, très long, et c’est tout à fait normal. Mais on a besoin de voir du monde, vraiment.

Comme l’a expliqué le chef du service de bactériologie-hygiène du CHU de Nantes, le professeur Didier Le Pelletier, à Ouest-France: «Ce n’est pas parce que nous sommes déconfinés que le virus ne circule plus». C’est du bon sens mais mieux vaut prévenir que guérir… Parmi les autres recommandations du professeur, on retrouve celle d’éviter les soirées où il y a plus qu’un couple ou deux invités chez soi. Et tant qu’à faire, «mieux vaut dîner plusieurs fois avec les mêmes amis que de le faire avec des amis différents».

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Alors on fait comment concrètement? Sociabilisation responsable: parce qu’on vous aime tout autant que le second degré, on vous a rassemblé les meilleurs trucs et astuces pour organiser une petite soirée en toute impunité avec gel hydroalcoolique à profusion. Comme dans tout dîner (presque) pas confiné, 3 points essentiels au parfait déroulement d’un tel rassemblement: la cuisine, l’animation et la décoration. C’est parti, lavez-vous les mains et prenez des notes.

CUISINE

Echange et partage

On évitera les raclettes, fondues, crêpes party ou tout autre repas axé sur la convivialité et le partage. On ne voudrait pas être tentés d’échanger avec son voisin de table. Optez pour des petits-fours ou des toasts. Bref, chacun se mêle de ses oignons! Et même si c’est tentant après un verre ou deux: on ne s’embrasse pas et on ne se touche pas… Pas encore. Soyez patient.es.

Individualisme généralisé

On peut imaginer un format bring you own. Chacun se ramène avec son repas et ses boissons. Mais alors attention, il ne faut surtout pas se ramener avec des mets trop aguicheurs. Loin de nous l’idée de donner envie aux autres de venir piocher dans sa gamelle. Genre ce paquet de Kiri goûter qui faisait des jaloux en classe verte…

Cigale ou fourmi?

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Si vous faites partie de ceux qui stockent farine et pâtes depuis des mois, vous vous rendez finalement compte que «10 kg de farine c’était peut-être too much» et que vous ne savez quoi en faire… J’en suis fort aise. Rendez-vous utile maintenant, inversez la tendance et rééquilibrez votre karma mis à mal: écoulez vos stocks, partagez, cuisinez pour les autres mais attention, n’oubliez pas les 2 points précédents, surtout.

AMBIANCE

Le type de soirée

On bannira la soirée Twister. Pas de Jungle Speed non plus, après 2 mois d’effort et de privation, ce serait le comble de tout gâcher sur un coup de totem… La soirée mousse en revanche? Autorisée? Conseillée? Retour aux soirées lycée garanti en tout cas. On n’est pas contre une soirée karaoké non plus, à condition d’éviter les duos (risque trop élevé de briser le mètre de distanciation sociale) et chacun ramène son micro!

Le dress code

Inutile de préciser que les soirées masquées seront le new cool de l’année 2020. Soyez créatifs, distinguez-vous mais restez masqués!

Le bingo spécial COVID

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Un shot (ou un gage pour la version virgin) à chaque fois que les mots suivants seront prononcés: Covid. Corona. Virus. Vaccin. Raoult. Distanciation sociale. Gel hydroalcoolique. Confinement. Zoom. Teams. House Party. Télétravail. Plage dynamique. Masque. Attestation. Pharmacie. Allocution. Pangolin.

On parle de quoi?

Vous l’aurez compris, on essaie de parler d’autre chose, malgré tout.

On peut s’autoriser 30 minutes au début, si c’est vraiment insoutenable, mais on passe rapidement à autre chose. Il est possible que vous n’ayez plus grand chose à vous dire. Deux mois coupés du monde, la re-sociabilisation peut s’avérer plus complexe que prévu. D’autant plus que ces 2 derniers mois n’ont sûrement pas été des plus palpitants pour vous. Si vous manquez d’inspiration, pas de panique: faites comme tout le monde et débattez d’un non-sujet pendant des heures (la perte de poids d’Adèle par exemple).

Les invité.e.s

De l’importance de bien stalker ses potes en amont. On n’invite pas n’importe qui! D’accord? Pour cela, il faut bien checker, de manière ultra casual et sans acrimonie, le background parfois douteux de vos potes. Blacklister sans scrupule cette copine qui fêtait ses 30 ans en comité non réduit la semaine dernière ou ce copain resté actif sur Grindr pendant le confinement. On évite aussi les grands parents, tonton, tati et compagnie. Désolé… A l’inverse, si on n’organise pas la soirée, on se renseigne sur les autres invité.e.s, et on ne regrettera surtout pas de décliner l’invitation si on ne le sent pas.

Sur le dancefloor

Les danses autorisées: madison, macarena ou YMCA.

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Les danses proscrites: chenille, slows, paquito, gangnam style (aucun rapport avec le covid, pour le coup). Dans tous les cas, on évite de trop se donner sur le dancefloor, on reste soft, distant, et relativement calme.


DÉCORATION

Safety is sexy

On peut imaginer un thème chambre stérile à la Dexter. Un peu glauque, mais au moins on reste safe. Ça participera aussi très certainement à l’ambiance. Pour cela, gel hydro à l’entrée, lavage des mains pendant 30 secondes, on enlève les chaussures, et on enfile blouse, gants et charlottes. Histoire de rappeler aux invités de pas s’emballer non plus.

Minimalisme à l’honneur

Car en temps de pandémie, plus que jamais, less is more. Chaque pot de fleurs, bougie, coussin, etc doivent être considérés comme un patient asymptomatique potentiel supplémentaire. Alors on limite les risques et on fait le vide, ça fait du bien, promis.

Go green

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S’il est possible pour vous d’être en extérieur, foncez! Petite nappe à carreaux, panier en osier, l’occasion de sortir cette robe vichy jamais portée. Attention, le concept du pique-nique n’annule ni ne remplace notre point précédent sur la cuisine. Voir point numéro 1: échange et partage + individualisme généralisé. On ne se laisse surtout pas emporter par le caractère festif et pittoresque d’une mise au vert.

Alors voilà, avec tout ça, on devrait être parés pour affronter cette phase de déconfinement avec sérénité et sécurité. On a fait le tour non? Ah, non! Dernier conseil, s’il vous plait, pitié: on se passera volontiers de la story Insta type «apéro de déconfinement» musique à balle dans le salon, agglutinés les uns aux autres, à échanger câlins et bises à tout va. Déjà parce qu’on n’en peut plus de partager les apéros de la France entière, ensuite parce que ça manque cruellement d’originalité. Mais enfin et surtout parce qu’être irresponsable c’est une chose, l’afficher publiquement c’en est une autre. Et puis si on ne se sent pas capable de tenir nos distances (je le comprends, le printemps pointe le bout de son nez et 2 mois sans contact physique, ça pique) alors on fait sans, on reste chez soi et on attend gentiment que ça passe, ça va aller! Cheers.

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