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«Make nature gay again» : comment la drag queen Pattie Gonia tente de réconcilier la jeunesse queer avec la nature
Les personnes queers ne seraient-elles pas faites pour la vie à la campagne ? Non seulement Pattie Gonia croit tout l’inverse mais la drag queen américaine est convaincue que défendre les droits LGBT+, c’est aussi se battre pour l’environnement. Une convergence des luttes qui ne date pas d’hier, mais dont Pattie Gonia a tenté de rappeler l’importance, en décembre dernier, en se lançant un défi des plus physiques.
Avez-vous entendu parler du dernier défi de Pattie Gonia ? Si, comme moi, vous faites partie de ces personnes qui, à chaque début d’année, affirment prendre comme bonne résolution de se remettre en forme physiquement, avant d’abandonner le sport aussi vite que Nicolas Sarkozy est sorti de prison, voilà qui devrait vous rebooster comme jamais… ou bien vous faire définitivement remiser les chaussures de sport au placard
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Déjà, commençons par les présentations. Pattie Gonia, alias Wyn Wiley, est une drag queen américaine de trente-trois ans. Pattie Gonia. Patagonia. L’entreprise spécialisée dans les vêtements et les équipements pour les activités en plein air. Vous l’avez ? Si, outre-Atlantique, Pattie Gonia bénéficie d’une certaine notoriété depuis 2018, elle ne la doit pas à un passage sur la célèbre scène de Drag Race, mais plutôt à sa volonté de réconcilier les personnes LGBT+ avec la nature et la vie au grand air. D’où son nom de drag.
« On a toujours dit à la communauté queer de se précipiter vers les grandes villes pour être acceptée. Mais moi, j’ai plutôt l’impression d’avoir fait l’inverse et d’avoir couru vers les bois », expliquait, en mai dernier, la drag queen à National Geographic.
« Pas de planète, pas de pride »
Afin de donner envie de se promener dans les bois pendant que le loup d’Intermarché n’y est pas, Pattie Gonia créé sa propre association, The outdoorist oath, « pour la planète, l’inclusion et l’aventure ». La militante rejoint également la direction de Brave trails, qui propose des colonies de vacances et des séjours de randonnée à la jeunesse queer américaine. En parallèle, Pattie Gonia continue ses vidéos de sensibilisation sur les réseaux sociaux, tout comme d’organiser régulièrement des drag shows, dans le but de faire passer un message simple : « pas de planète, pas de pride ».
De quoi motiver, en 2023, le magazine Time à faire figurer son nom sur sa liste des leaders de demain. Rien que ça. La même année, c’est carrément à la Maison-Blanche que Pattie Gonia est vue, aux côtés de la vice-présidente de l’époque, Kamala Harris. Il n’en fallait alors pas plus pour devenir, quelques mois plus tard, la cible de Donald Trump et d’un clip de campagne dont lui seul a le secret. Le message ? « Kamala est pour iel, le président Trump est pour vous ». Ne t’inquiète pas, Donald : on avait déjà bien compris que tu n’es un allié ni des écolos ni des personnes LGBT+.
Sans surprise, c’est principalement pour son opposition à l’administration Trump que Pattie Gonia a récemment fait parler d’elle. Parmi ses faits d’armes : son apparition sur le tapis rouge de la cérémonie du magazine queer américain Out, vêtue d’un immense drapeau transgenre en guise de robe. Le même dont l’accrochage en haut d’un sommet d’un parc national venait de valoir au ranger non-binaire SJ Joslin d’être viré·e par l’administration Trump. Avant ça, les premiers pas remarqués en drag de Vivian Jenna Wilson, fille trans reniée d’Elon Musk, avaient eu lieu lors d’un show de Pattie Gonia. « Slay », comme dirait Trump. (Jamais.)
«Le diable travaille dur mais nous travaillons encore plus dur»
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Mais assez parlé de Donald et de ses amis. Revenons-en au défi de Pattie Gonia. Le 30 novembre dernier, la drag queen annonce son intention de partir pour un trek de cent miles, soit environ 160 kilomètres, le tout en drag. Objectif ? Récolter un million de dollars au profit de huit associations environnementales. Pour ce faire, Pattie Gonia compte sur la mobilisation de ses 1,5 million d’abonné·e·s sur Instagram, ainsi que des 775 000 personnes qui la suivent sur TikTok. Et qui sait, peut-être que la magie du bouche-à-oreille fera le reste… Le lendemain, la drag queen prend ainsi la route depuis une réserve naturelle dans la périphérie de San Francisco, sac sur le dos, perruque sur la tête, et bâtons de randonnée en main, direction le pont du Golden Gate. Chaque jour, Pattie Gonia tient informée les réseaux sociaux de l’évolution de sa forme, de son avancée, et surtout de la collecte. Résultat : à mi-parcours, la militante en est déjà à plus de 600 000 dollars. Et c’est finalement à huit kilomètres de la ligne d’arrivée que Pattie Gonia atteint son objectif grâce à près de 35 000 donatrices et donateurs. Au terme de ses cinq jours de marche, elle monte même jusqu’à 1,17 million de dollars de dons.
« C’est fou. Ça va changer la donne pour ces associations, en particulier à l’heure où la plupart des marques et notre gouvernement coupent dans leurs financements », réagit la drag queen dans un post Instagram. « Quand j’ai commencé à être Pattie, tout le monde me disait que j’étais folle. Puis, quand j’ai dit aux gens que je voulais organiser cette collecte de fonds, ils m’ont ri au nez. Comme quoi, ne laissez jamais personne vous dire que vous ne pouvez pas changer les choses », poursuit-elle. Avant d’ajouter : « Le diable travaille dur mais nous travaillons encore plus dur, alors continuons d’aller de l’avant vers un avenir meilleur ». Prépare ton sac Pattie, on arrive !
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