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« J’ai été détruit de l’intérieur, j’ai fait une tentative de suicide » : enquête sur les thérapies de conversion

Kara en est la preuve et a accepté de témoigner en vidéo à visage découvert pour URBANIA. On a également discuté avec Laurence Vanceunebrock, députée de La République en marche (LREM) de l’Allier, qui a déposé une proposition de loi en juin 2020 et mars 2021 pour interdire ces thérapies. Pendant trois mois, elle a également auditionné des victimes, des témoins, et des bourreaux. « On a entendu des choses dramatiques », confie celle qui ne lâche rien.

L’association Le Refuge identifie 4,2% de victimes directes de ces pratiques par an, et ce phénomène est en augmentation depuis 2012.

« Pour me punir de mon homosexualité, ma mère m’a agressé sexuellement. Elle ne voulait plus que je sois gay. »

« Je me mutilais fréquemment. Je prenais une lame de rasoir et je me coupais les poignets et les jambes. Je me scarifiais aussi. Un jour, j’étais en train de me tailler les veines, mais ça me faisait tellement mal que j’ai arrêté. J’ai tout nettoyé, je me suis mis des pansements. Je me suis vu mourir. J’ai pleuré et je suis allé dormir. Le lendemain, je suis reparti en cours comme si de rien n’était. »

« Certains gays musulmans sont envoyés au bled sous couvert de vacances dans la famille pour être violés par des représentants religieux ; des lesbiennes y sont également envoyées pour subir des excisions. »

Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ces thérapies de conversion ne sont pas seulement répandues chez les chrétiens évangélistes pratiquants, ou les catholiques, d’autres communautés sont également touchées.

« Il y a encore, sur notre territoire, en 2021, des psychiatres qui proposent des séances de sismothérapies, à base d’électrochocs par exemple. »

« J’ai tant à cœur de défendre cette proposition de loi parce que c’est un symbole que la République envoie à ces victimes en leur disant : on vous reconnaît, on sait que vous existez et maintenant il y a quelque chose de vrai qui existe dans le Code pénal pour vous recevoir quand vous irez en commissariat ou à la gendarmerie, pour déposer plainte. »

> Retrouvez aussi notre vidéo consacrée à Jean-Michel Dunand, homosexuel et catholique, qui se raconte à lui-même son parcours marqué par des douloureuses thérapies de conversion pour tenter de “réparer” son orientation sexuelle avec des violentes séances d’exorcisme et d’hypnose.

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