Germain Barre

Ville de la semaine : Reims

Et on ne parle pas que de son champagne ou de sa cathédrale

J’ai vécu la moitié de ma vie à Reims, quasiment sans en sortir avant de la quitter pour vivre à Paris. J’y suis tellement retourné depuis, qu’à un moment, mes amis croyaient que je vivais encore à Reims. Clairement, j’ai passé plus de la moitié de ma vie là-bas. Pourtant, à chaque fois que j’y suis, je me dis: « Quelle chance ». D’y avoir vécu, et de la retrouver, pour profiter d’elle. Je vous emmène dans des endroits où j’ai vécu des rigolades avec mes amis, des moments qui m’ont marqué. Parfois, j’y ai juste traîné, contemplatif. Tout ça, c’est moi, et ce sont les Rémois.

Visiter une cave

Ne songez même pas à venir passer quelques jours à Reims sans visiter une cave d’une grande maison de Champagne. C’est la première étape du séjour. On vous laisse choisir entre les principales caves : Taittinger, Veuve Cliquot ou Mumm. Parfois, des cars de touristes s’enchaînent chez certains, mais en choisissant bien vos horaires, vous aurez les caves presque juste pour vous. Vous y découvrirez comment on fabrique le fameux breuvage à bulles, qui donne sa force à ce village d’irréductibles Rémois. Et surtout, pourquoi on tourne régulièrement les bouteilles d’un quart de tour à gauche, puis un huitième à droite. Non, c’est pas juste pour la blague, il y a une vraie raison, c’est pas juste parce qu’on est pompette avec les coupes de Champ’. Au sortir de la visite, vous avez droit à la petite coupe offerte, et vous pouvez vous offrir les flûtes ou goodies floqués des maisons de Champagne.

Le Clos

Situé à côté des Halles historiques refaites à neuf (on en reparle juste après), le Clos est le lieu du moment pour les trentenaires qui veulent boire du bon Champagne pas trop cher. Vous achetez la bouteille pour une trentaine ou quarantaine d’euros, et vous allez vous asseoir autour d’un tonneau entre amis, ou bien assis dans un vieux fût découpé et transformé en banc. Le tout, en plein air – couvert s’il tombe quoi que ce soit – dans une cour. Dans l’espace attente des toilettes, il y a des fauteuils. Déjà parce qu’attendre de faire pipi debout, ça pique. Mais surtout, pour pouvoir discuter avec d’autres gens. Personnellement, j’ai déjà eu une conversation si passionnante que mon interlocutrice et moi, on a laissé passer 3 ou 4 personnes pour continuer de causer. Bon après, la vessie nous a rattrapés. Mais c’était très cool. En revanche, quand la personne va dans les toilettes, arrêtez de lui parler, ça fait « weird », sinon.

Les Halles du Boulingrin

Pendant des années, c’était un vieux coin tout moche. Le site était classé lieu historique, on n’en faisait plus rien. Et puis, les autorités ont décidé de remettre un marché dedans. Poissons, légumes, viandes, de quoi faire ses courses maraîchères. Mais surtout, les lieux de bouche se sont développés autour : brasseries, bars, pizzerias. Et des bonnes adresses en plus ! Vous pourrez y croiser les célébrités locales (joueurs de foot, élus locaux…) dans un lieu intergénérationnel et divers. Bonus:  vous avez quasiment vue sur la porte Mars, une vieille bâtisse de l’époque Gallo-Romaine qu’on a toujours gardé, même si c’est juste un amas de vieilles pierres, justement parce que c’est une vieille bâtisse de l’époque Gallo-Romaine.

La Malle d’Apolline

Vous aimez jouer aux jeux de société ? Venez ici. De nombreux jeux sont disponibles en prêt, pour tester en famille ou entre amis ceux que vous ne connaissez pas encore. Et s’ils vous plaisent, vous pouvez en acheter un exemplaire. La partie peut durer des heures : les boissons fraîches et les gâteaux sont aussi sur place pour vous rassasier. Et puis, plus tard, vous pouvez participer à des soirées consacrées à certains jeux ou certaines cartes, comme Magic ou Pokemon, indémodables. Ça marche si bien qu’ils ont ouvert une 2e boutique, et aussi une chaîne Youtube sur laquelle ils présentent leurs jeux coups de cœur.

Le Stade Auguste Delaune

Adolescent, je suis allé voir l’équipe de basket-ball jouer en Pro A, l’équipe de hockey sur glace de l’époque jouer en Ligue Magnus. Mais je n’ai jamais vu jouer l’équipe de foot en Ligue 1, au stade Auguste Delaune. Parce qu’à mon époque, l’équipe était en deuxième division, depuis des années, et pour des années encore. On se cognait des matchs pas terribles contre des adversaires que tu saurais même pas placer sur une carte de France. Les seuls moments où on vibrait, c’est quand on avait passé quelques tours de coupe de France et qu’on se faisait tauler par une écurie de l’élite. Mais t’imagines même pas à quel point c’était bon d’être là, entre copains, au milieu de ces gens qui bravaient le froid un vendredi ou un samedi soir pour honorer le passé. Parce que notre équipe, elle avait créé le mythe de l’équipe de foot française dans les années 50. C’était la première à jouer des finales de coupe d’Europe contre le Réal Madrid. C’était la première à créer une version féminine. Alors maintenant qu’on peut y voir de belles affiches contre Paris ou Marseille: allez-y, bordel. Vengez-moi !

La rue des Antiquités

Entre les Halles et le Centre-Ville, la rue du général Sarrail est l’endroit où se succèdent les boutiques d’antiquités très sympas, tenues par des propriétaires en tous genres. Si vous aimez le vieux ou le plus moderne (on parle des objets, hein), vous trouverez forcément un guéridon, des verres à moutarde Amora avec les personnages, des services de cuillère en argent, et toutes curiosités qui ne dépareilleraient pas chez Sophie Davant. En plus cool, et pas réservé aux seniors. Bobo à mort, j’adore.

Le Parvis de la Cathédrale et ses brasseries

« Attends, t’es allé à Reims et t’as pas vu la Cathédrale ? » Pour pas vous faire engueuler par votre collègue le lundi matin, on vous conseille d’y aller. Surtout que le parvis a été réaménagé depuis quelques années. Quand je reviens à Reims, j’y passe toujours une heure ou deux, à me balader entre les petites boutiques de souvenirs (un peu kitsch), les petits créateurs, et les brasseries ou pubs du coin. Arriver par l’avenue Libergier et voir ce grand chef d’œuvre d’architecture, ça me met un petit frisson à chaque fois. Alors, je finis par rentrer dans la Cathédrale, faire le tour, même si je ne suis pas croyant, et prendre une petite dose de calme. Amen.

Les Faux de Verzy

Bon, on vous a bien fait marcher dans le Centre historique. Alors on prend la voiture, pour faire quelques kilomètres et se diriger vers les Faux de Verzy. Les Faux, ce sont ces arbres recourbés sur eux-mêmes, hyper spécifiques, sous lesquels vous pouvez vous mettre, comme si vous étiez dans une cabane. Verzy accueille la plus grande forêt mondiale de ce genre. Le parcours est gratuit, et vous apprendrez que ces arbres sont rarissimes et devraient disparaître d’ici quelques centaines d’années, faute de fertilité.

Parc Léo Lagrange

Quand j’étais gamin, il n’y avait pas 36 espaces champêtres où on pouvait aller sans la voiture. Le plus souvent, on allait au parc Murigny, pour y faire juste le tour, pas plus, et on rentrait. Un bassin d’eau dans lequel je voyais d’autres gamins faire naviguer leurs bateaux miniatures. Et puis, parfois, on ne sait pas pourquoi, on avait le droit d’aller au Parc Léo Lagrange. Dix fois plus grand, avec des espaces jeux, et de l’herbe à foison dans laquelle on s’explosait les cuisses tellement on courait, tels des chiens enfin lâchés. Ça faisait la sortie du dimanche. Il est pas foufou ce parc, mais moi je l’aime bien. Parce qu’on pouvait se faire des copains, se cacher derrière les arbres, pique-niquer, parce qu’on voyait les adultes rigoler un peu… Bref passer une bonne journée, avant de rentrer dans la vie très quotidienne et le foyer peu familial. Alors, allez passer une tête pour moi dans ce parc.

                                                 

Manger un bout… Non, boire des coups

« Manger c’est tricher, et vomir c’est trahir ». C’est mon copain Jéjé qui dit ça. Eh bien je peux vous dire que je ne l’ai jamais vu tricher, mais il a parfois trahi. Faut dire qu’on a pas mal traîné nos guêtres dans des bars comme Le Lion de Belfort, le Gaulois ou Les 3 Brasseurs, place d’Erlon, pour prendre des girafes de bière. Et puis avec Juju, on va plutôt tester les innombrables bières de bon goût au Delirium Café, qu’on enchaîne galopin par galopin (un demi demi). La Place du Forum, c’est sympa aussi. Pendant que tu bois ton verre, les gamins peuvent courir sur la place et te foutre un peu la paix.

Voilà, c’est ma ville. Celle qui a vu naître le champion du monde de football Robert Pires, la Miss France et Miss Europe Élodie Gossuin, les humoristes Kyan Khojandi et Olivier de Benoist. On s’est tous barrés. On y retourne tous. Parce qu’il y a un truc dans cette ville. Et c’est pas que le Champagne. On sait ce qu’on y a vécu, on sait que ça a fait de nous. Cette ville, elle est royale.

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