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Tuto pour ne pas être un gros c*n d’Occidental bourgeois en vacances

Prendre des photos de personnes sans leur consentement, monter sur des éléphants faméliques, prononcer la phrase “ils n’ont rien, mais ils donnent tout” : voici quelques comportements qui feront de vous un colon occidental, que vous le vouliez ou non. D’ailleurs, peut-on encore voyager à travers le monde sans perpétuer des rapports de domination ?

6 juillet 2026
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Les grandes vacances arrivent et peut-être faites-vous partie de celles et ceux qui 1/ ont la chance de partir en vacances 2/ trouvent encore raisonnable de prendre l’avion pour quelques jours à l’autre bout du monde (nous ? vous culpabiliser ??) plutôt que de découvrir la France en train 3/ bombardent insta de story comme si qui que ce soit en avait quelque chose à secouer.

Si c’est votre cas (on espère que vous n’êtes pas vexés), voici quelques conseils pour dézoomer et décoloniser nos habitudes de gros touristes :

  • Ne jamais prendre en photo des personnes sans leur consentement

Ça paraît évident comme ça, on vous l’accorde. Et pourtant, on a tous un copain du lycée qui continue de poster des photos d’enfants prises à leur insu à chaque voyage. Jusqu’à preuve du contraire, quand vous allez à Carnac, vous ne prenez pas la marchande de glace de 16 ans en photo sous prétexte qu’elle est trop mimi. Eh bien, c’est la même chose dans les pays du Sud global. Même si elle vous semble “trop choupi”, que sa tenue est “typiqqqque” ou que plein d’autres c*ns le font.

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Souroure Najaï, militante et créatrice du média Décolonial Voyage qualifie cette pratique “d’extraction” et incite à prendre le réflexe de “retourner la situation en s’imaginant dans son propre pays” pour se rendre compte de l’absurdité de certaines actions.

Le « white saviorisme » est même désormais condamné par la loi, du moins au Burkina Faso qui a même légiféré contre ces comportements néo-colonialistes le 2 juillet dernier. Le but : limiter au maximum le fléau des touristes blancs prenant la pose, entourés d’enfants, avec un outfit à la Indiana Jones qui vaut plus de trois mois de loyer parisien.

  • Respecter les lieux sacrés

Effectivement, cette cascade sacrée est magnifique. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est sacrée. Mais ça ne vous autorise pas à vous y baigner pour autant !

Pensez à ces touristes qui ont outré le Mexique après avoir escaladé des pyramides pourtant interdites au public, à ceux qui font des photos « fun et cool » au mémorial de la Shoah à Berlin, ou encore à ce couple expulsé de Bali après avoir posé nu et enlaçant lascivement un arbre sacré vieux de 700 ans qui n’avait rien demandé.

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“C’est là qu’on se rend compte comment sont considérés les lieux de culte dans les pays étrangers : comme des décors ou comme des espaces d’attraction” dénonce Souroure Najaï. S’adapter et respecter les cultes et cultures étrangères sont donc des pré-requis si vous ne souhaitez pas revêtir le costume du colon profanateur.

  • Laissez donc les animaux tranquilles

Mais pourquoi diantre tenez-vous à monter sur un chameau, un éléphant ou un cheval (parce que ça pollue moins ? trop tard, vous avez pris l’avion !!) ? Les animaux exotiques ne sont pas des manèges ou des bêtes de foire. Évitons donc de monter sur leur dos ou d’aller applaudir leur lente agonie dans des zoos pensés pour plaire aux touristes que nous sommes.

Renseignez-vous sur les réserves naturelles ou les centres de préservation d’espèces menacées. On a testé pour vous un outil génial (google) en deux en trois mouvements, le site worldanimalprotection.ca est apparu sous nos yeux. Dessus, sont répertoriées des listes de refuges pour éléphants ou de sanctuaires d’ours respectueux de nos amis les bêtes. Mieux vaut donner son argent à de tels lieux plutôt qu’à des auteurs de maltraitance animale et gageons qu’un jour, ces attrapes-touristes passeront de mode.

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  • Désoccidentalisez votre regard

Si vous voyagez, c’est pour déplacer votre regard et découvrir d’autres manières de vivre, de manger, de penser. Et pour ne pas totalement débarquer, il faut vraiment préparer son voyage.

Pour la militante Souroure Najaï, tout ça veut dire qu’il faut “s’informer”. Pas en cherchant à dénicher le meilleur restau de la ville ou les activités à ne pas manquer, mais en “se renseignant sur la situation politique du pays, les possibles populations colonisées, l’histoire du pays et les dynamiques de domination.” Souroure insiste : “Il faut découvrir le pays à travers ses habitants et pas par un prisme occidental. C’est important de rendre le narratif aux personnes qui connaissent les enjeux du territoire.”

  • Préserver la nature et les paysages

A priori si vous avez fait tant de route (enfin de vol), c’est pour la beauté des plages de sable blanc, la densité des jungles ou les points de vue impressionnants. Alors privilégiez les activités respectueuses des environnements que vous visitez (encore une fois renseignez vous à l’avance, on sait, on radote..).

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On aimerait éviter que tous les plus beaux paysages du monde ne connaissent le même sort que la plus célèbre plage de Thaïlande, la bien connue : Maya Bay. Cette star des cartes postales à connue un sort funeste (comme quoi le succès est toujours à double tranchant) à force d’être surfréquentée par des bateaux à moteur. Le lieu a été fermé par les autorités de 2018 à 2022 pour permettre aux récifs coralliens de se reformer. Encore aujourd’hui la baie n’est pas accessible en période de mousson pour éviter au maximum son érosion.

Tout touriste que vous êtes, la nature n’est pas là pour vous divertir, alors renseignez-vous sur les écosystèmes derrière la carte postale et ajustez vos voyages en conséquence (ou contentez-vous de Google image) .

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