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Semons nos résistances : l’expo qui plante la graine de nos révoltes au MAIF Social Club
Twerk décolonial, conférences engagées et néons militants : du 17 octobre 2026 au 24 juillet 2027, le MAIF Social Club rassemble 15 artistes et une pléiade de penseur·euses pour transformer nos colères en forces créatives.

Entre notre panique climatique, nos fils d’actualité apocalyptiques et la crise d’impuissance générale face à un monde qui semble sourd à nos revendications, on souffre un peu tous·tes en ce moment de fatigue militante. La saison « Semons nos résistances » qui s’ouvre dans ce lieu culturel arrive à point nommé pour nos poings levés. Performance décoloniale d’Habibitch, déambulation drag des Paillettes et œuvres d’art zinzines et engagées : le cœur de Paris accueille une programmation gratuite et ouverte à tous·tes qui redonne un peu de souffle à nos désirs d’un monde différent. Une expo qui m’a régalé autant que les mille gâteaux que j’ai engloutis pendant la visite guidée (il y a un super coin café dans ce lieu, si jamais).
L’expo démarre avec la phrase « Qui est responsable des responsables ? » écrite à la poudre d’acier sur le premier mur. On pense immédiatement au déni de notre gouvernement face à la répression ultraviolente des manifestations étudiantes que nous sommes en train de vivre. Imaginée en quatre parties, l’exposition Semons nos résistances commence volontairement par son segment le plus sombre. Intitulée Traverser les temps sombres, cette première section présente notamment une chrysalide en barbelés à glacer le sang, signée de l’artiste palestinien Abdul Rahman Katanani, ou encore deux sculptures dérangeantes de l’artiste américain Mark Jenkins.
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J’avance presque soulagé vers la deuxième partie, L’art de désobéir, avec des œuvres à l’apparence plus chaleureuse mais qui pointent tout autant des sujets brûlants : notre responsabilité face au changement climatique, illustrée par deux œuvres en cire de Célia Cassaï que l’on aimerait presque toucher (mais fort de mes doigts encore chocolatés, je me suis retenu).
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Je suis ensuite happé par les sublimes photos de Cha Gonzalez, des clichés pris en manif et lors de fêtes libres, pensées comme un grand espace de contestation de l’ordre établi, festif mais politique. Voilà qui rappelle immédiatement cette immonde loi Ripost qui vient de passer, réprimant encore le peuple qui danse. Hasard (ou non) de la déambulation : c’est pile le moment où mon regard se pose sur une banderole de manif chatoyante, cousue main, sur laquelle l’artiste Zoé Saudrais a brodé un grand « IDÉE DE MERDE ». L’artiste nous confie qu’elle a justement été inspirée par les dingueries de nos gouvernants et qu’elle a déjà déployé cette magnifique banderole dans une vraie manif. Preuve que l’art contestataire ne se trouve pas que dans les musées.
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Plus on s’enfonce dans le parcours, plus on reprend espoir, grâce à une vidéo magnétique et incandescente, un gigantesque monstre d’écorce qui grignote un bout de l’espace, une vieille Fiat Panda dans laquelle on peut écouter les témoignages audio des mamans des quartiers… Et c’est tout ce qu’on vous racontera, car ce serait dommage de vous spoiler la suite de l’exposition, notamment les parties Renouer les liens et Ouvrir de nouveaux chemins qui valent infiniment le détour.
La révolution ne se fera pas en un jour, mais une saison entière comme celle proposée par « Semons nos résistances » réussit avec brio la mission de planter l’une des graines qui permettent d’entrevoir des jours meilleurs. Elle m’a donné envie de scander haut et fort la phrase d’une autre banderole de Zoé Saudrais :« LE BONHEUR, C’EST TROP DEMANDER ? »
« SEMONS NOS RÉSISTANCES, s’unir, lutter et prendre soin », du 17 octobre 2026 au 24 juillet 2027 au MAIF Social Club, 37 rue de Turenne, 75003 Paris. Entrée libre. Plus d’infos ici.
PS : quitte à visiter cette exposition, prenez aussi le temps de consulter l’agenda du lieu ! Cette saison s’annonce particulièrement riche, avec l’enregistrement en public de plusieurs épisodes du podcast Renverser la Table de Victoire Tuaillon, et des tonnes de spectacles et de performances tous plus militants et engagés les uns que les autres.
