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Pourquoi les lesbiennes sont plus riches que les femmes hétéros ?
Malgré plusieurs progrès dans les pays occidentaux, les salaires des femmes continuent d’être rongés par le patriarcat. Pourtant, il y a une minorité de femmes qui semblent s’en sortir avec un avantage sur les autres : les lesbiennes. Selon plusieurs études, celles-ci gagnent en moyenne 9% de plus que les femmes hétéros.
Oui, oui. Non seulement les lesbiennes ont plus d’orgasmes, elles auraient aussi plus d’argent.
Pourquoi c’est toujours les mêmes qui ont tout ? En fait, c’est bien plus compliqué que ça. Plusieurs facteurs semblent expliquer le « bonus horaire lesbien », et ils ne sont pas tous roses.
Ça peut paraître logique
Spontanément, on pourrait penser que la richesse des lesbiennes s’explique tout bonnement par les statistiques. Après tout, les personnes qui se déclarent homosexuelles dans les sondages habitent plus souvent dans les grandes villes, sont moins souvent issues de l’immigration et ont moins d’enfants que les hétéros. C’est vrai, mais seulement en partie.
Ce qui ne trompe pas, par contre, c’est que ces préjugés sont présents chez les employeurs, autant que dans la société. À l’embauche, les lesbiennes sont perçues comme étant disponibles pour travailler plus tard, moins enclines à prendre des congés maternité, et plus intégrables dans des postes impliquant une culture de travail masculine (les emplois qui gagnent mieux, donc).
La tradition patriarcale, encore et toujours
Une autre hypothèse qui ne surprendra aucune femme, c’est que « l’avantage salarial lesbien » vient plutôt du désavantage des femmes hétéros en matière de travail invisible.
Dans les mariages hétéros, les femmes effectuent encore une majorité des tâches ménagères, surtout après la naissance des enfants. Et quand on est moins occupé à faire la lessive et à donner le bain aux jumeaux, on a plus de temps pour se concentrer sur sa carrière.
Dans les couples de femmes, aucune tradition ne force les partenaires à choisir entre prendre en charge les besoins monétaires ou les tâches du quotidien. Pour la plupart d’entre elles, les deux aspects sont répartis de manière égale.
Et quand une femme n’a pas l’intention de se marier avec un homme, elle ne s’attend généralement pas non plus à tomber dans le schéma traditionnel des mariages hét éros et a plus de liberté pour s’orienter vers des carrières payantes qui laissent moins de temps pour la maison. D’ailleurs, au fil des ans, les études ont démontré que pour les lesbiennes qui ont été en ménage avec un homme par le passé, l’écart salarial avec les femmes hétéros était largement réduit.
Au final, il faut noter que malgré leur soi-disant bonus et le fait qu’elles gagnent en moyenne plus que les femmes hétéros, les lesbiennes ont toujours un salaire moins élevé que les hommes, que ceux-ci soient hétéros ou gays. Et puis, il faut aussi prendre en compte le fait que qui dit « couple de lesbiennes », dit « taxe rose doublée », et « coûts spéciaux », comme la procréation assistée, par exemple.
Et là, on ne parle même pas de discrimination homophobe au travail ni des femmes bisexuelles, qui, elles, font face à un taux de pauvreté disproportionné. Bref, même là où l’on pense entrevoir un mince avantage pour une minorité, on retrouve toujours le même bon vieux patriarcat.
Dommage, « lesbourgeoise », ça aurait été un terme parfait pour les lesbiennes qui gagnent grassement leur vie… On repassera.