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Plongée dans Songbird, le film sur la Covid que personne n’avait demandé

Qui a eu l’idée de faire un film catastrophe sur l’épidémie de coronavirus en pleine crise sanitaire ?

Par
Marine Langlois
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Il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre. Après tout, l’actualité inspire l’art depuis des milliers d’années, pourquoi est-ce que la Covid-19 serait une exception ? Le premier confinement a vu des auteurs amateurs ou confirmés exprimer avec plus ou moins de succès, leurs sentiments sur cette période hors du commun. Les séries aussi ont tenté l’aventure Covid, comme Social Distance sur Netflix filmé en plein confinement. C’est maintenant au tour du cinéma de surfer sur l’actualité.

Première pierre à l’édifice : Locked Down (inédit en France) avec Anne Hathaway et Chiwetel Ejiofor, une comédie romantique mélangée à un film de casse qui se déroule pendant le confinement à Londres. C’est l’histoire d’un couple en pleine séparation mais confiné ensemble, qui va braquer la bijouterie d’un grand magasin. Ce film est peut-être un peu ennuyeux mais il reste inoffensif dans son propos. Ce n’est malheureusement pas le cas de celui dont nous allons vous parler : Songbird. Attention, cet article contient quelques spoilers.

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2024, l’épidémie fait toujours rage

Sans grand bruit, Songbird est arrivé le 15 janvier sur Amazon Prime Vidéo. Réalisé par Adam Mason et produit par Michael Bay (Bad Boys, Pearl Harbor, Armageddon), c’est le premier film tourné à Los Angeles pendant le confinement. C’est surtout le premier film dystopique qui a pour sujet principal la Covid-19 ou plutôt… la Covid-23 ! Bienvenue en 2024, dans un monde toujours touché par la pandémie de coronavirus mais où le virus s’est modifié pour devenir encore plus mortel. Être infecté est synonyme d’une mort assurée dans les 48 heures. « Le taux de mortalité a dépassé les 56% », nous annonce une journaliste au début du film. Cela fait quatre ans que le monde est confiné sauf que les règles sont beaucoup plus strictes que celles que nous connaissons. Pour faire simple : il est interdit de sortir et « tout refus d’obéir sera sévèrement réprimé ».

Tous les matins, les habitants de Los Angeles doivent se tester eux-mêmes pour voir si la Covid-23 les a infectés.

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Tous les matins, les habitants de Los Angeles doivent se tester eux-mêmes pour voir si la Covid-23 les a infectés. Si c’est le cas, des membres du Département de l’hygiène, en combinaison très flippante, débarquent chez vous pour vous emmener dans des camps de quarantaine qui n’ont pas l’air très conviviaux. À l’extérieur, les rues désertes donnent l’impression d’être dans une zone de guerre. Quelques âmes solitaires portant un bracelet jaune ont le droit de s’aventurer dehors. Pourquoi ? Elles ont la chance d’être immunisées. Comment ? Une question à laquelle le film ne prend pas la peine de répondre. Mais c’est le cas de notre héros, Nico (KJ Apa) qui passe ses journées à livrer des paquets aux quatre coins de la ville.

Attention, c’est ici que la situation se complique. Sara (Sofia Carson), la petite amie de Nico, vit avec sa grand-mère. Évidemment (car il faut bien des rebondissements), cette dernière va tomber malade forçant Sara à s’échapper avant qu’on ne l’emmène dans les zones de quarantaine. Pour quitter la ville, Sara a besoin du fameux bracelet jaune qui permet de circuler. Nico va donc tenter d’en obtenir un pour sauver sa dulcinée.

Et l’amour triomphera contre tout !

Entrent en scène deux nouveaux personnages : Piper (Demi Moore) et William Griffin (Bradley Whitford), un couple riche qui vend illégalement des bracelets d’immunité à un prix exorbitant. Car la Covid-23 n’a fait qu’accentuer les différences entre classes sociales et ce sont toujours les mêmes qui s’en sortent le mieux. Si Piper veut simplement protéger sa fille, son mari est un pervers narcissique qui n’hésite pas à s’aventurer dehors pour retrouver une jeune chanteuse May (Alexandra Daddario) qui n’a pas vraiment l’air d’apprécier ces soirées glauques. Entre-temps, May se lie d’amitié avec Michael (Paul Walter Hauser) un vétéran handicapé. Oui, pour un film de 80 minutes, il y a beaucoup de personnages.

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Vous l’avez sûrement deviné maintenant : Nico va essayer d’obtenir un bracelet auprès des Griffin, Sara va tout faire pour ne pas finir en zone de quarantaine, May va essayer d’échapper à son tourmenteur avec l’aide de Michael… Les choses vont se compliquer avant de s’arranger pour que nos deux tourtereaux s’échappent sur une moto, roulant vers l’horizon. Des millions de personnes sont toujours en train de mourir de la Covid-23 mais au moins, l’amour triomphe ! Car caché derrière un thriller catastrophe se trouve en réalité une histoire d’amour.

Le film exploite une actualité dramatique beaucoup trop tôt et sans aucune honte.

On ne peut s’empêcher de se demander : Songbird était-il vraiment nécessaire ? La réponse est sans aucun doute non. Le film exploite une actualité dramatique beaucoup trop tôt et sans aucune honte. Certes il est impressionnant de voir qu’un film d’action d’une si grande envergure a pu être tourné dans des circonstances si contraignantes. Mais au-delà des aspects techniques, le scénario de Songbird manque cruellement de sens.

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Si lire ce rapide résumé vous a déjà rempli d’angoisse (ou énervé), vous n’êtes sûrement pas encore prêt à regarder Songbird. Ou vous ne voulez pas vous infliger ça, ce qui est aussi compréhensible. Mais au contraire, si après les multiples confinements plus rien ne vous effraie et votre coeur ne connait plus la douleur : Songbird pourra vous faire rire, surtout si vous vous arrêtez pour penser à l’absurdité du projet.