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“Pécheresses”: on a rencontré la créatrice de la nouvelle série OCS

19 février 2026
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Pécheresses kézako ? cette nouvelle série OCS – qui nous a habitué à des oeuvres aussi originales que réussies 3615 Monique, Irresponsable, ou encore Les Grands – pointe le bout de son nez début mars et on a eu la chance d’échanger avec sa créatrice Charlotte Sanson sur son parcours, ses séries préférées et autant de bonnes raisons d’aller découvrir le premier épisode le 3 mars.

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(C’était écrit hyper gros cette info mais on voulait pas que vous passiez à côté donc on a utilisé une police de boomer, dsl)

(URBANIA) Tu es scénariste et réalisatrice : est-ce que ces deux casquettes sont devenues inséparables en 2026 ?

(CHARLOTTE SANSON) Au contraire je pense que le métier de scénariste est de mieux en mieux reconnu et identifié, et que dans le domaine de la série commence à exister en France un rôle de créateur·ice très impliqué·e artistiquement qui se rapproche de ce qu’on appelle un.e showrunner aux Etats-Unis. Il y a donc de l’espace aujourd’hui pour exister pleinement en tant que scénariste sans réaliser sa série. En revanche, sur un projet avec très peu de moyens comme c’est le cas des séries Ciné+OCS, ça a vraiment du sens que la personne qui porte le projet le réalise également, car il y a beaucoup de choix compliqués à faire sur le plateau, comme des coupes drastiques ou des réécritures à chaud. Dans le cas particulier de Pécheresses, il se trouve que c’est un projet très personnel que j’ai porté pendant plus de dix ans donc c’était la suite logique de l’emmener jusqu’au bout, ce à quoi mes producteurs m’ont vivement encouragée.

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Tu as travaillé sur la masculinité dans le cinéma des années 90 qui ont biberonné tout un univers male gaze avec lequel on entretient paradoxalement une certaine nostalgie aujourd’hui : quel regard portes-tu sur cette époque ?

Dans mon mémoire à l’époque j’avais plutôt abordé la question de la masculinité dans le cinéma très mainstream (L’Arme Fatale, Terminator…) mais justement pour interroger les représentations qui en étaient faites avec un regard féministe et les outils des gender et cultural studies. J’ai découvert par la suite tout un autre pan du cinéma de cette époque comme les films de Gregg Araki et des films en apparence mainstream mais très subversifs dans ce qu’ils racontent comme But I’m a Cheerleader ou Mean Girls… Le male gaze était clairement dominant mais il y avait des contre-propositions révolutionnaires qui sont restées cultes aujourd’hui.

But I’m a cheerleader
But I’m a cheerleader
But I’m a cheerleader
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Pécheresses est ta deuxième série après les 7 vies de Léa sur Netflix, qu’est-ce qui fait la spécificité d’un travail de scénariste sur une série par rapport à un film ?

La réponse évidente et tout à fait adaptée aux 7 vies de Léa, c’est le travail collectif en room avec un groupe d’auteur·ices qui est une étape géniale de la création d’une série, là où au cinéma on travaille généralement en binôme avec le réalisateur ou la réalisatrice. Le cas de Pécheresses est un peu hybride : comme c’est une série avec peu de moyens que j’allais réaliser, très personnelle en plus, je l’ai plutôt appréhendée comme un premier long-métrage découpé en épisodes. Mais j’ai quand même eu besoin de m’appuyer sur le talent de mon co-auteur Frédéric Rosset (qui avait déjà joué une place cruciale sur les 7 vies de Léa) pour co-écrire l’épisode 5. C’était un épisode plus dur à écrire car il se déroule intégralement pendant un live Twitch et comme Fred est comme moi un grand consommateur de Twitch, c’était plus facile à deux.

Les 7 vies de Léa
Les 7 vies de Léa
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Durant tes études à la Fémis, tu as fait un mémoire sur “La diffusion des films de genre en France, l’exemple des films fantastiques et d’horreur” (oui on a poncé ta page Wikipédia). Pourquoi la France a du mal à se positionner sur ce genre cinéma, ou est-ce que selon toi on commence à avoir une offre solide ?

Ce que mon mémoire de l’époque m’avait permis de comprendre, c’est qu’il y a un public très fidèle mais très limité pour ces films-là en France, et que l’économie de ces films se rééquilibre grâce aux ventes internationales et aux ventes DVD (à l’époque) et à la VOD aujourd’hui. Il y a souvent des initiatives des diffuseurs pour relancer ce genre, la case French Frayeurs sur Canal + dans les années 2000, l’aide spécifique à l’avance sur recette dédiées aux films de genre… Même Netflix à son arrivée en France s’y est essayé frontalement avec Marianne, la série de Samuel Bodin.

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Mais le constat reste toujours un peu le même malheureusement : c’est à l’international que ces projets trouvent un réel engouement, Marianne est culte aux Etats-Unis !

En revanche, ce qui a beaucoup changé depuis les années 2000 c’est le fait que de vrais films de genre, qui assument le genre et le revendiquent pleinement, ont brisé la digue qui existait avant avec le cinéma d’auteur. Pour ça on doit vraiment remercier Julia Ducournau et Coralie Fargeat, qui ont proposé des films très radicaux et dont tout le monde à parlé au-delà de la “niche” traditionnelle des fans du genre. Possiblement le début d’une nouvelle ère, en tout cas je le souhaite !

Quelles séries t’ont donné l’envie de t’y mettre toi aussi ?

J’en ai regardé beaucoup de très moyenne qualité en rentrant du collège et du lycée, comme Les années collège, Sauvés par le gong ou Hartley cœurs à vif (mais je ne peux pas les renier entièrement car elles ont probablement lancé mon affection pour les teen movies…)

Le premier choc ça a été Friends, je me rappelle encore du tout premier épisode que j’ai vu en VF sur France 2. Puis dans des genres très différents Twin Peaks, South Park et Daria.

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Après, pendant mes études d’anglais, j’ai été très vite mise en contact avec Six Feet Under, Les Sopranos… J’avais très envie que la France se mette aussi à faire des séries de qualité.

Mais la série qui m’a poussée à franchir le pas et à en écrire une (et c’était déjà une version prototype de Pécheresses à l’époque !) c’était clairement la saison 1 de Skins. Et tout simplement l’envie d’écrire la série que j’aurais aimé voir adolescente, avec une vision plus féministe et queer des relations entre les personnages.

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On se retrouve le 3 mars pour débriefer le premier épisode OU le mardi 24 février dans la salle de projo de la Fémis (cf: message en lettres capitales du début).

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