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Passer tout l’été à écouter des podcasts

La sélection qui fait du bien au conduit auditif

22 juillet 2026
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Salut tout le monde, je suis Jeanne, autrice sonore et branchée toute la journée à de l’audio. Quand j’écoute des émissions, j’’associe toujours mes écoutes aux lieux où j’étais.

Par exemple, je me souviens où j’étais quand j’ai écouté La rafle du Vel d’Hiv, récits d’un crime français d’Alain Lewkowicz. Été 2022. Je prenais des cours de conduite pour passer mon permis à Marseille (spoiler : je ne l’ai pas eu car apparemment on n’a pas le droit d’écouter un podcast pendant l’examen de conduite 😠). Tôt le matin, j’empruntais une ruelle avant que la chaleur n’envahisse la ville. Dans le septième épisode, un homme raconte la rafle du 16 juillet 1942 qu’il a vécue à 13 ans. Son amie Frida, contrairement à lui, a été dénoncée. Elle est arrêtée ; il ne la reverra jamais. Quand il témoigne, l’homme est âgé, il pleure. Je me souviens aussi bien de sa voix qui se brise que de l’odeur des fleurs autour de moi.

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Ce pouvoir de l’audio est la raison pour laquelle j’engloutis des centaines de podcasts et d’émissions de radio chaque année. Cet article veut une humble sélection de ceux – qu’avec la rédaction de Binge et URBANIA – nous avons préférés. Des grands classiques, des injustement oubliés, des nouveautés. Un article pour l’été quand on ne sait pas quoi écouter : dans la voiture à plusieurs, en train, à vélo, à pied (ou n’importe quel moyen de transport à faible empreinte carbone) et un top subjectif, à compléter, à partager :

Pour celleux qui ont des heures de voyage devant eux 🚂

(pourquoi vous prenez pas un jet privé, ça irait plus vite)

  • DOCU (4 x 1h) : l’héroïne dans les cités des années 80-90 : une série destinés aux passionnés de piquouze (mais pas que) et pour comprendre la dépendance sans misérabilisme et sans romantisme. Héroïne, le temps des seringues (LSD, La série documentaire – France Culture)
  • DOCU (3 x 27 mn) : puisqu’on en est à causer drogue, on poursuit avec cette mini série-enquête d’une femme sur la trace de ses propres parents, aristocrates, addicts à l’héroïne, et morts sans qu’elle ait le temps de savoir vraiment qui ils étaient finalement. Mon héroïne (Arte Radio)
  • DOCU (6 x 40 mn): on beaucoup du culte de l’enfant-roi pour se moquer de l’éducation positive . Cette série passionnante en 6 épisodes montre qu’ils sont surtout, souvent, très seuls. Qui c’est qui commande ?
  • RÉCIT (3 x 1h) : tiens, puisqu’on est dans le fun : comment parler de dénégation de grossesse, d’addictions, de vies cabossées, de familles recomposées avec amour, humour et tendresse ? Ce récit choral le fait magistralement. Le Secret de ma mère (Louie Media)
  • ENORME ENTRETIEN (10 x 1h) : résistante, journaliste, militante anticolonialiste, grand-reporter de guerre, poétesse… Madeleine Riffaud était une femme d’exception et ces archives où elle se raconte le prouvent. (Les Nuits de France Culture)
  • RÉCIT (7 x 20 mn) : et pour les fadas de faits div’ qui nous lisent, tenez : Jérôme documente la vie criminelle française depuis 25 ans du côté des bandits qui ont, petit à petit, accepté de lui raconter le “milieu” de l’intérieur. Il est un expert du grand banditisme et surtout, un conteur hors pair. Une vie avec les voyous (Binge Audio).
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Pour celleux qui aiment se poser plein de questions 🙃

(genre pourquoi on met des fausses herbes en plastique dans les boîtes à emporter de sushis ?)

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Pour celleux qui préfèrent picorer par-ci par-là 🤔

(chips + glace + re-chips)

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Pour celleux qui écoutent des podcasts en anglais 🇬🇧

(stylé, enfin “staïly”)

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ET Pour celleux qui se demandent ce qui s’est passé cette année dans le petit monde des podcasts 🎧

Cette année, les mères et la manière dont on parle d’elles ont bien occupé nos oreilles. Arte Radio et Louie Média ont chacune consacré des séries dessus, aussi réussies l’une que l’autre. Je me suis demandé si ce mouvement racontait notre peur de parler du reste du monde, de sortir de soi. Et puis je me suis rappelé que je faisais la même chose toutes les semaines chez la psy.

L’autre mouvement qu’a connu le petit monde de l’audio, c’est l’arrivée en masse du podcast filmé conversationnel. Souvent, c’est léger. Souvent, j’y ai trouvé de quoi rigoler — avec le podcast d’Amy Poehler, par exemple (mon top épisode est ci-dessous).

Evidemment, filmer les choses implique un risque de disparition du format du « documentaire narratif », genre qui a donné naissance à ces chefs-d’œuvre (exemple 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6) et à ce propos cet article résume bien ma pensée : “À mesure que « vidéo » est devenu synonyme de « podcast », l’idée commune de ce qu’est un podcast a glissé vers une version plus basique, moins créative du médium.”

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Pour soigner mon blues de la fin de cet âge d’or podcastique, je me suis (re)tournée vers des émissions en direct, et notamment le Book Club de Marie Richeux, dont j’aime la manière de tisser la radio : des extraits choisis, un naturel du direct avec ses interruptions qui font mouche, des partis pris assumés, le « nous » pour parler d’elle et de son équipe, des lectures à voix haute, la musique toujours en miroir du thème. C’est rare, une émission qui vous inclut à ce point et vous donne l’impression de faire partie de son équipe.

En parlant d’équipe, URBANIA et Binge Audio sont devenus une grande famille et on est très fiers de vous présenter … notre dernière série : Pourquoi tu m’aimes pas ? par Camille Olive

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L’été, c’est la période des amourettes. Des relations éphémères qui se veulent légères mais qui peuvent nous laisser dans des états déplorables. C’est ce qu’a vécu Camille avec Alban (nom d’emprunt) en 2019 : une relation intense, passionnée, un brin à sens unique, mais surtout très floue. Ni simples amis, ni en couple, ni célibataires : ce que l’on appelle aujourd’hui la situationship. Une relation inclassable, qui semble devenir la nouvelle norme d’une génération qui cherche à casser les codes, mais qui se méfie parfois de l’engagement.

C’est le sujet de notre toute nouvelle série Pourquoi tu m’aimes pas ?, dont le premier épisode est sorti hier sur toutes les plateformes ! Un récit en 5 épisodes, écrit et réalisé par Camille Olive, qui part de sa propre histoire pour interroger nos représentations culturelles et révéler comment nos attachements à sens unique – et plus largement les situationships, ces situations amoureuses floues qui ne disent pas leur nom : reflètent un imaginaire amoureux collectif que l’on peut apprendre à déconstruire.

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Et vous, quels sont vos podcasts préférés ou vos dernières découvertes ? On veut vous lire !

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