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Voilà, snif, le mois des fiertés touche à sa fin.
C’était chaud cette année, très (trop) chaud. Déjà parce que c’était la grosse canicule (et que Macron a complètement oublié sa promesse de make our planet great again) mais aussi parce qu’il nous faut chaque année porter encore plus haut nos couleurs (et notre dignité) face à un monde qui, lui, s’obscurcit sans cesse et qui préfère pointer obsessionnellement du doigt nos existences que de s’élever contre les injustices et rêver d’un monde meilleur pour toustes.
Alors pour prolonger le petit nuage mental pailleté, sur lequel on est encore après tous ces beaux moments, on vous a compilé plein de nouveautés culturelles qui font un bien fou et qui vont nous aider à tenir une année de plus, la tête haute et surtout : pas seuls.
ON LIT, ON REGARDE, ON ÉCOUTE (parce qu’on cessera pas d’exister) :
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Le roman graphique de Félix Auvard. Summerboy, sorti chez Dargaud, est tout simplement une merveille. On suit l’histoire d’un jeune gay paumé qui revient pour un job étudiant estival, (forcé par ces parents,) dans son village natal de normandie. Paris lui manque mais pourtant il n’y a pas vraiment construit grand chose, beaucoup de rencontres éphémères, peu d’amis et des études foirées. Comme beaucoup, il est juste parti pour se trouver lui-même après son coming out dans une grande ville où il semble plus simple de vivre son homosexualité. C’est pourtant dans son village qu’il rencontre un autre jeune homme planqué dans son aquarium municipal et dans son placard mental. S’ensuit une histoire fantastique et rocambolesque. C’est beau, c’est touchant, c’est haletant, c’est doux, c’est émouvant : tout ça sans être mièvre ou cliché. Après l’avoir terminée on a même un peu moins peur de la montée des eaux et très envie de retourner vivre à Granville même si on y a jamais vécu.
Summerboy de Félix Auvard est sorti chez Dargaud.
JIM QUEEN de Marco Nguyen & Nicolas Athané, au cinéma depuis le 17 juin
Au delà du placard, Renverser la honte, repenser l’intime, de Florent Manelli, Editions les liens qui libèrent, 2026.
“Vous pouvez pas faire ça chez vous, nan ? #LGBTQIA+. Une mise au point très fière” par Tahnee aux éditions LA MEUTE
“Où sont les hommes bi ?” de Tal Madesta pour Les Couilles sur la Table.
Lights, Drag, Action ! de Kam Hugh édité par Akata
L’insulte, de l’injure à la solidarité de Anthony Vincent, édité par Les Liens qui Libèrent.
Ça m’aurait fait chier d’exploser, de Sexy Sushi, 2006 (mais 2026 en streaming, si vous bien suivi)
Music Queer de Rebecca Manzoni et Amandine Fredon, ARTE, 20x3min
Queer Paris, guide de poche du Paris Lgtbqia+ de Christopher Davin édité par First Editions.
*On en profite pour vous rappeler que la Station Gare des Mines (La Stass pour les intimes) va fermer ses portes pour travaux un (trop) looong moment et que les merveilleuses équipes qui font vivre ce lieux hors du commun depuis 10 ans ont besoin de votre soutien pour espérer survivre. Des safe-spaces comme ça il en existe peu, longue vie à eux.
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JIM PARFAIT est un homme gay tout en haut de l’échelle alimentaire du Marais : pecs saillants, abdos en pagaille et des millions de followers. Mais tout s’effondre quand il contracte l’Hétérose, une horrible maladie, terriblement contagieuse, qui provoque différentes affections graves : le bide à bière, une passion doudoune sans manches ou encore de comprendre la règle du Hors-jeu au foot. Un film d’animation déjà culte avant même sa sortie. On hurle de rire (sans se moquer) avec toutes les sous-communautés Gay (twinks, gym queens, puppies…) et on connait déjà par coeur la musique qui passe d’hymnes dansants entêtants à des ptites ballades kitschoux inoubliables (dans le style de la petite sirène) composées par le duo Kirosen (la BO est d’ailleurs dispo sur toutes les plateformes). Cerise sur le GAY-to, Philippe Katerine qui déclame une ôde au plaisir prostatique. Personne n’osait imaginer, il y a plus de 30 ans, que Toy Story marquerait plusieurs générations d’affilées d’enfants innocents, JIM QUEEN fera exactement pareil avec les adultes wokes, croyez-nous. On espère sincèrement déjà voir JIM QUEEN 5 depuis notre maison de retraite arc-en-ciel (si les retraites ça existe encore d’ici là).
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Au-delà du placard de Florent Manelli déconstruit brillamment le mythe du coming out « magique ». L’auteur nous explique que, dans notre société hétéronormée, s’affirmer n’est pas un acte unique mais une charge mentale de tous les jours pour contrer la « présomption à l’hétérosexualité ». Cette nécessité d’hyperadaptabilité permanente génère un épuisant « stress minoritaire ». L’essai dénonce aussi comment le capitalisme et l’extrême droite ont vidé le coming out de sa substance subversive pour en faire un objet de consommation ou un outil de pinkwashing : À l’origine, faire son coming out ne signifiait pas se dévoiler aux hétéros, mais entrer dans sa propre communauté. C’est d’ailleurs là qu’intervient la Queer Joy, l’une des notes les plus positives du livre. Face aux violences systémiques, Florent Manelli rappelle que la joie collective n’est pas qu’une simple émotion : c’est une arme de résistance politique redoutable. Qu’il s’agisse de hurler sur du Britney Spears avec sa « famille choisie », d’aller voir un show de drag queens ou de célébrer nos identités, cette joie permet de s’affranchir de l’apathie et de la tristesse imposées par la société. Refuser d’être réduit à la souffrance et s’autoriser à être intensément heureux·ses entre pairs devient alors le plus beau des actes de survie.
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“Vous pouvez pas faire ça chez vous, nan ?” C’est le titre du livre écrit par Tahnee, c’est aussi ce qu’un père de famille lui a crié dans un parc alors qu’elle embrassait amoureusement sa copine de l’époque. Parce que oui, ils sont des tonnes de ces hétéros bien normés à se penser tolérants tant qu’on ne leur impose pas qui nous sommes. Avec humour et beaux mots, Tahnee rappelle à merveille qu’après avoir vu tous les épisodes de Un Gars Une Fille, elle n’est pas subitement devenue hétéro et rappelle donc gentiment au Jean-Michel rétrogrades, que non voir des personnes lgbtqia+ dans une série ou dans la vraie vie, ça rendra pas plus facilement son enfant homo ou lesbienne mais par contre ça l’aidera sûrement à surmonter cette honte que la société nous impose, et peut-être lui évitera de se suicider. Parce que rappelons-le les chiffres sont extrêmement hauts dans notre commu, et ça n’a rien à voir avec “notre propagande”. Un livre court et important. Parfait à offrir à ceux qui adorent scruter nos vies dont ils font mine de ne rien vouloir voir.
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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les personnes Bi sont les plus stigmatisées des deux côtés de la barrière du monde normatif. Un homme sur sept aurait déjà ressenti du désir pour les hommes et les femmes, mais moins de 10% des hommes se déclarent non-hétéros. Encore aujourd’hui, bon nombre de personnes de tous bords confondus pensent que la bisexualité “n’existe pas vraiment”, et les hommes bi ont du mal à vivre pleinement qui ils sont. Tal Madesta, dans un super podcast, en a discuté avec Mathieu Trachman, sociologue directeur de recherche à l’Ined (Institut national d’études démographiques) et spécialiste des questions de genre et de sexualité. Encore une épisode ultra intéressant de nos collègues de Binge pour Les Couilles Sur La Table.
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Dans ce tout premier manga qui traite (magnifiquement bien) de l’univers du Drag, on suit le parcours d’un adolescent gay d’une banlieue pavillonnaire parisienne, Aloïs, qui rêve de devenir drag queen. Une histoire lumineuse autour de l’affirmation de soi, de la créativité et du courage d’être qui l’on rêve d’être, malgré un monde bien plus cruel que celui de nos rêves. C’est vraiment aussi chou que touchant. On aurait rêvé de pouvoir lire un truc comme ça à l’adolescence qui n’est heureusement plus qu’un lointain (& pas ouf) souvenir.
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Un essai génial par un auteur qui a grandi en comprenant pleinement l’impact des insultes racistes ou de pédé. Une analyse profonde et intelligente qui nous montre à quel point il est important de se retournement des stigmates, mais nous aide aussi à comprendre que nous ont peut dire sans mal pédé ou goudou mais pourquoi c’est interdit pour les moldus et les non-initiés. Parce que les insultes aident surtout nos sociétés à porter la marginalisation en valeur, il est important de questionner la place des insultes pour espérer un jour changer la donne.
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Arrêtez tout ! Le tout premier album de (feu ?) Sexy Sushi est enfin disponible sur toutes les plateformes d’écoutes (même sur les plus honorables comme Qobuz). Pile au moment où les teuteu de l’extrême droite n’ont rien compris au 1000e degré de l’hilarante chanson “J’aime mon pays” et ont allumé les braises d’une énième polémique anti-drag, il est plus que jamais agréable et cathartique de réentendre les tubes inoubliables de la scène alternative des douces années de “l’electroclash française” (pardonne-moi Rebeka Warrior, pas sûr que t’aimes encore trop cette appellation) dont le hit international “Sex Appeal”. (Mention spéciale pour Cheval, pour ma part, au panthéon de mes chansons de vieux bourré préféré lors des hold-up insupportables de soirée sans dj mais avec playlist youtube qui finissent toujours mal.)
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Une série animée géniale qui revient sur plein d’époques (un siècle) et plein de tubes (20 chansons) qui ont marqué plusieurs générations de queers de tous pays. Des hymnes inoubliables qui ont chacun à leur manière apporté leur pierre à l’édifice de notre belle commu de tous temps malmenée. Et en plus c’est super beau alors pourquoi se priver de cette série ARTE qui se déguste comme un paquet de bonbons acidulés qu’on mangerait sans pouvoir s’arrêter au premier. (Oh, tiens, ici aussi ils aiment Sexy Sushi). En plus y a les voix de gens comme Aloïse Sauvage ou Tristan Lopin. Foncez on vous a dit !
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Et pour finir en douceur, un petit guide rigolo qui recense tous les lieux mythiques, friendly ou emblématiques de la capitale. Petit texte sympa et explicatif sur chaque endroit, de jolies photos pour un genre de Routard pour néophytes qui veulent voir la capitale sous un autre angle que les sempiternelles Tour Eiffel et Notre Dame. C’est un peu plus rigolo pour les gens qui connaissent bien la ville, de voir rassemblé dans un même ouvrage la Station – Gare des Mines* ou la mutinerie dans un même livre que le jardin du Louvre, le Raidd Bar ou Bear’s Den. Mais c’est aussi ça “la commu” un grand patchwork de plein de vies, de goûts et couleurs très différentes.