Ma date Tinder avec un prince danois en Croatie

Tout le potentiel de swiper à l'étranger.

Quand on voyage en solo, c’est pas toujours évident de rencontrer des gens. À part les tours guidés à pieds gratuits, les pubs crawls ou les salles communes des auberges de jeunesse, il faut être assez dégourdi pour se faire des amis. C’est pas pour rien qu’utiliser Tinder à l’étranger, c’est rendu la norme quand on est célibataire : on ne va peut-être pas rencontrer son âme sœur, mais c’est un excellent moyen pour faire la connaissance d’autres voyageurs.

Utiliser Tinder à l’étranger, c’est rendu la norme quand on est célibataire : on ne va peut-être pas rencontrer son âme sœur, mais c’est un excellent moyen pour faire la connaissance d’autres voyageurs.

Ce qu’il faut savoir, c’est que quand vous swipez à l’autre bout du monde, vous êtes en quelque sorte en mode incognito. Il y a moins de chance que vous tombiez sur le.la kinésiologue cute du nouveau gym auquel vous vous êtes inscrit le 2 janvier en pleine saison des résolutions, ou sur le.la comptable qui va faire vos impôts le mois prochain. Et puis on peut s’attendre à des matchs inusités, comme la fois où je suis allée en date avec un prince danois en Croatie.

Commençons par le début… Pour être 100% honnête, j’avais jamais vraiment embarqué dans la game du dating en ligne avant de partir explorer la planète avec mon sac à dos. J’ai toujours été plus old school en pensant que j’allais rencontrer l’amour par hasard. En même temps, à force de voir les gens autour de moi s’activer sur Tinder, Hinge, Bumble, Happn, j’avais l’impression de manquer le bateau.

Alors, par une journée pluvieuse à Hvar, en Croatie, j’ai fait le grand saut. J’ai trouvé mon meilleur selfie, je l’ai pris comme photo de profil et après avoir minutieusement rédigé une description semi-mystérieuse, semi-bad ass (avec une dose d’autodérision), j’étais enfin prête pour une intense session de swiping.

Dès mon premier match, j’ai paniqué. Je fais quoi là? Et je me suis ressaisie : si je suis capable dans la vraie vie, je devrais m’en sortir sur Tinder!

Quelques matchs et quelques conversations awkward plus tard, je tombe sur un gars blond aux yeux bleus du Danemark. On jase tout l’après-midi et en plus, il est pas trop pushy. Ça tombe bien, parce qu’on dirait que j’étais pas prête mentalement à l’étape de la date. Il me propose de le rencontrer le lendemain soir à un club avec ses amis et me dit d’amener mes amis aussi… Ok, ça enlève de la pression!

Le lendemain, avec des filles rencontrées à l’auberge de jeunesse, on décide d’aller boire un verre au Hula Hula, un bar connu de la place. Ça me donne juste assez de liquid courage pour la suite. Le club où je suis supposée rencontrer ma date scandinave est situé sur une île qui s’appelle Carpe Diem, on doit s’y rendre en bateau-taxi à partir du port de Hvar. C’est l’ultime party island où, les deux pieds dans le sable, on peut faire le party avec des DJ internationaux jusqu’au petit matin avec un nombre incalculable de VIP. Mon budget de backpacker n’avait pas trop prévu le coup… mais bon, Carpe F*&?%? Diem, comme dirait l’île!

Ma date Tinder nous rejoint à l’entrée et il est exactement comme je me l’étais imaginé. Il me prend par la main et m’invite à le suivre à travers le labyrinthe de ce méga beach club jusqu’à ce qu’on arrive à une zone VIP. On se fait accueillir par une hôtesse qui nous offre, à moi ainsi qu’aux deux filles du hostel qui m’accompagnent, un verre de champagne. Le garde de sécurité qui nous laisse passer nous sert un avertissement : ici, on ne prend pas de photos. Weird, mais on oublie assez rapidement parce que : alcool gratuit!

Des bouteilles de vodka de la grosseur d’un enfant de 5 ans, des champagne showers avec du Dom Perignon, des pills de toutes les couleurs… Ma date me faisait vivre la plus folle soirée de ma vie. Je n’avais désormais qu’un but dans ma soirée et c’était de le frencher! Je me faisais déjà des scénarios sur un yacht privé… J’étais plongée dans mes rêves jusqu’à ce qu’une des filles qui m’accompagnait sorte son cell pour faire des stories.

NOOOOOOOON! J’étais Cendrillon et minuit venait de sonner. Une minute je buvais du champagne, complètement hypnotisée par mon âme sœur swipée la veille et la minute suivante, moi est mes « amies », on se faisait escorter vers la sortie de la zone VIP. La honte. Les instructions étaient pourtant simples : pas de photos.

Se déconnecter, ça aide à saisir le moment présent, mais ça peut aussi nous permettre de vivre des aventures insoupçonnées. Qui sait ce qui aurait pu arriver si la fille de l’auberge avait lâché son foutu téléphone?

Malgré mon insistance, le garde de sécurité n’a pas flanché. Pas question de nous laisser réintégrer l’endroit, même si on promettait de garder nos téléphones à l’abri. L’hôtesse a fini par nous expliquer la raison derrière toutes ces précautions. Si on devait se tenir loin d’IG, c’est parce qu’on était en compagnie de membres de la royauté danoise! QUOI?! Ma date Tinder était… un prince danois? Oui.

Évidemment, j’ai tout fait pour le recontacter, mais mon conte de fées venait de se terminer aussi vite qu’il avait commencé. Je vais aussi vous épargner les détails de mon walk of shame nautique sur le bateau-taxi qui nous a ramenées au port après une soirée bien alcoolisée.

Morale de l’histoire : je ne serai jamais la Meghan Markle du Danemark. J’ai quand même retenu 2-3 leçons de cette aventure.

1-Se déconnecter, ça aide à saisir le moment présent, mais ça peut aussi nous permettre de vivre des aventures insoupçonnées. Qui sait ce qui aurait pu arriver si la fille de l’auberge avait lâché son foutu téléphone?

2-Avec des intentions claires, Tinder peut devenir un excellent moyen pour se faire des amis (#itsnotalwaysaboutsex) en voyage. J’ai poursuivi l’expérience par la suite et la majorité de mes dates Tinder en voyage ont presque toujours été platoniques. J’ai eu droit à un tour guidé en moto gratuit, à des parties de trou d’cul en gang sur un rooftop et même à une session de wine tasting dans un resto français.

3-Une date avec un prince danois c’est cool, ça ajoute du piquant à une vie de célibataire et ça fait un excellent titre d’article, mais finalement c’est dans un petit resto thaï sur le bord de la plage au Cambodge, et par pur hasard que j’ai finalement trouvé l’amour. Comme quoi, il faut garder les yeux ouverts et profiter du voyage, un peu sur son cell (voir leçon 2), et beaucoup dans le réel (voir leçon 1).

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Emilie et Safia voyagent à temps plein depuis plus de 5 ans, elles ont exploré plus de 65 pays et racontent leurs aventures dans leur magazine web Nomad Junkies. On les suit ici!

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