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Une des manières d’être un.e allié.e dans la lutte contre le racisme c’est… de commencer par s’éduquer. Et si on se donne la peine d’ouvrir les yeux et les oreilles, les personnes racisées, les associations de lutte contre le racisme, les activistes et les militant.e.s font déjà très souvent des suggestions de lecture. Nous sommes donc partis à la recherche de leurs propositions pour en faire le relais en 5 suggestions.
Sur sa page Facebook aujourd’hui, Jessica Prudencio soulignait que c’était à son avis un excellent ouvrage pour « commencer [notre] éducation ».
Qu’est-ce que le racisme systémique? Comment parler d’un phénomène, qui selon l’idée même de «système», est si vaste qu’on en perçoit difficilement les frontières?
Par racisme systémique, il faut entendre les oppressions diverses, mais toujours connexes vécues par les personnes racisées dans des domaines comme le travail, la justice pénale, la santé, l’éducation, le logement, etc. Ainsi, le simple nom de famille d’une personne peut représenter un obstacle majeur à l’obtention d’un emploi ou d’un logement.
Fabrice Vil, qui a écrit « Chères personnes blanches », y signe d’ailleurs un texte.
Cette auteure fait partie de la liste de lectures antiracistes de Ibram X. Kendi publiée dans le New York Times. D’autres lectures (en anglais) séparées en différentes catégories s’y trouvent.
C’est Perrye-Delphine Séraphin qui en parlait dans ses suggestions d’écrivaines noires canadiennes à suivre.
Ce livre montre que la lutte contre le racisme n’est pas l’affaire de quelques individus isolés ou d’idéalistes. Il faut passer de l’aveuglement à la prise de conscience collective pour agir et établir des normes politiques et sociales valables pour toutes et tous. Ce livre est aussi militant car il ne prétend pas à la neutralité : il contribue à sa modeste façon à une lente, mais radicale transformation du monde dans lequel nous vivons. L’antiracisme gagne chaque jour des batailles importantes grâce aux efforts inlassables de femmes et d’hommes à qui nous devons beaucoup plus qu’on ne peut l’imaginer, à commencer par les treize militantes et militants de ces 11 brefs essais, qui persistent… et qui signent !
Le prix Nobel, Toni Morrison, revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la « race », la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces Autres nous fait-elle si peur ? Dans le cadre d’une intervention à Harvard, faisant partie de la série des prestigieuses conférences « Norton Lectures », Toni Morrison réfléchit à ces questions – ainsi qu’à d’autres questions vitales – au sujet de l’identité. Dans sa quête de réponses, l’auteur se replonge dans ses propres souvenirs, mais également dans l’histoire, la politique, et surtout la littérature qui joue un rôle important – notamment la littérature de William Faulkner, Flannery O’Connor et Joseph Conrad – dans la notion de « race » aux États-Unis, que ce soit de manière positive ou négative. L’auteur s’intéresse à ce que signifie être noir, à la notion de pureté des « races » et à la façon dont la littérature utilise la couleur de peau pour décrire un personnage ou faire avancer un récit.
La gang de Women who do stuff a partagé une longue liste regroupant des ressources en français « à destination des personnes blanches, pour s’éduquer et lutter contre le racisme systémique et ses violences ». On y trouve des docus, des podcasts, des séries, etc. Ce livre en fait partie.
La vérité a souvent un goût amer. Nous ne savons comment accepter nos histoires. Faut-il s’en tenir aux faits et dire la vérité ? Cet ouvrage monumental si richement documenté est précieux, il nous tire de l’oubli et du silence. Que savons-nous de l’esclavage au Canada ? Que savons-nous de la répression exercée sur les femmes et les hommes noirs ? Que savons-nous du racisme systémique ? Que savons-nous de la détresse des Autochtones, des sans-papiers, des personnes réfugiées ? Enfin fort peu… Parce que l’État construit et déconstruit les récits à travers les institutions. Les citoyen.ne.s sont ainsi condamné.e.s à reproduire une histoire qui nous échappe.