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Crédit photo : Judith Crico

La Déferlante : récit d’une révolution médiatique

Rencontre avec Lucie Geffroy, cofondatrice de la revue

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Dans la joyeuse jungle des médias indépendants qu’on adore, La Déferlante arrive bien entendu en haut du panier (faut croire qu’on a pas mal de sujets de prédilection en commun). La “revue des révolutions féministes” est devenue incontournable car elle est une des rares à aborder les sujets de société par le prisme du féminisme avec une lecture intersectionnelle (= l’analyse des discriminations selon plusieurs motifs et donc pas uniquement le fait d’être une femme). Bref, vous l’avez compris on est fan et du coup on a papoté avec Lucie Geffroy, cofondatrice de la revue pour revenir sur le contexte de sa création.

En 2021, c’est la teuf aux nouveaux médias indépendants : Climax, Blast et… La Déferlante voient le jour, peux-tu nous redonner le contexte du lancement de la revue ?

La Déferlante est née après plus d’une année de réflexion dans un contexte post #metoo. L’émergence de ce mouvement planétaire mettait à l’agenda beaucoup de questions féministes, notamment celle des violences sexistes et sexuelles. On s’est aussi emparé de ces préoccupations-là en constatant qu’il manquait dans le paysage éditorial français une revue qui traite les questions de genre et les questions féministes aussi au-delà des problématiques de violences sexistes et sexuelles. À La Déferlante, le féminisme est au cœur du projet éditorial et on y ajoute une approche intersectionnelle. Certes, Causette existait déjà depuis un petit moment, mais on avait envie de proposer une revue différente qui croise les regards de journalistes, de chercheuses, d’écrivains. En ceci, on pouvait apporter quelque chose de nouveau dans l’écosystème féministe. Par ailleurs, on était en plein âge d’or des médias indépendants qui ont pu voir le jour grâce au financement participatif. En ce qui nous concerne, la campagne de financement a marché au-delà de nos espérances : 4000 précommandes qui nous ont donné un peu d’avance sur la trésorerie. C’est la preuve qu’il y avait une attente.

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En 2025, les médias indépendants sont clairement plus dans la sauce et ça ne va pas aller en s’améliorant. Mais selon toi, d’un point de vue médiatique, qu’est-ce qui serait attendu aujourd’hui ?

Difficile à dire, moi je trouve qu’il y a quand même une certaine vitalité des médias dans les choix des sujets abordés. J’aime beaucoup ce que propose Frustration Magazine, ils ont encore une autre grille de lecture basée sur la lutte des classes. Tout média qui s’empare des questions actuelles de société avec un prisme politique très affirmé, c’est salutaire et tout ce qui fait l’objet de campagnes de désinformation mérite qu’on s’y intéresse.

Vous avez aussi créé une maison d’édition en 2023, c’est quoi cette addiction aux paris risqués ?

Pour nous c’était surtout une manière de poursuivre les récits des révolutions féministes mais aussi d’approfondir nos collaborations, en déployant certaines paroles sur des formats plus longs. Plus globalement, la question éditoriale s’inscrit aussi dans une bataille culturelle et l’édition indépendante est un outil qui permet de toucher d’autres personnes et d’embrasser la diversité éditoriale. On a publié des essais, des récits, des enquêtes mais aussi un album jeunesse, un ouvrage photographique.

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Est-ce que vous travaillez avec des zhôms dans l’élaboration de la revue ?

Alors on collabore pas avec beaucoup d’hommes, on n’est pas contre mais on a très peu de propositions de journalistes. Les questions féministes, malgré tout, intéressent en premier chef les femmes (qui se revendiquent comme féministes). Après c’est évidemment pas une priorité pour nous car on part du principe que les journalistes hommes ont moins de problème pour travailler et trouver des piges dans la presse française que les femmes.

Et est-ce qu’on peut savoir en avant-preum’s quel va être le sujet de votre prochain dossier ?

On s’est intéressé dans ce prochain numéro à la question du soin, donc soigner (chaque numéro, c’est un verbe à l’infinitif). On s’est posé la question de la santé publique, cinq ans après la pandémie mondiale. D Dans un monde qui va si mal, comment peut-on bien se soigner ? Car la question du soin est plus que jamais politique. On va parler des patients experts (et qui font avancer la prise en charge de leur pathologie), des inégalités de traitements dans la relation entre soignant et soigné. Comme toujours l’idée sera d’adopter une perspective intersectionnelle.

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Et si vous souhaitez découvrir, vous abonner ou soutenir la revue ça se passe ici et ce serait grave soin (rapport au prochain numéro).

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