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Il s’est greffé la clé de son bureau dans sa main

Littéralement. Ce n’était pas une figure de style.

Par
Florence La Rochelle
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Quand je me suis entretenue avec Louis-Pierre Morin, je me suis dit : ça y est, on est officiellement dans le futur ! La main du « geek » fini n’a pourtant rien d’anormal (en apparence). Vous aurez beau la regarder de très près, vous ne vous douteriez jamais qu’elle contient en permanence une puce qui lui permet de faire une panoplie de choses, dont déverrouiller la porte de son bureau.

Pourquoi avoir décidé de te faire poser une puce ?

Ça fait déjà 4 ou 5 ans que j’ai décidé de faire ça. À la base, j’en avais mis une pour ouvrir la porte, chez moi. Quand je suis arrivé au bureau, tout le système d’accès fonctionnait avec des portes à cartes. Franchement, je trouvais ça chiant de toujours traîner avec des cartes. Alors, j’ai cloné le numéro de code de la porte dans la puce qui se trouvait déjà dans ma main.

Concrètement, comment on fait ça ?

Il y a un peti machin qui s’appelle un Flipper et qui est sorti il y a quelques années. C’est devenu assez populaire. En plus de lire et d’écrire toutes sortes de « tags », ça permet de copier n’importe quelle carte de bâtiment instantanément. Tu scannes la carte, ça fait « blip blip», ça stocke le numéro, et tu peux le cloner n’importe où, ensuite.

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Peux-tu juste ouvrir des portes avec ta puce ?

En fait, j’ai une puce dans chaque main. Dans les deux cas, elles utilisent une technologie qui s’appelle RFID. D’un côté, une puce me permet d’ouvrir des portes, et de l’autre, une puce me permet de rentrer plein d’informations pour faire autre chose : c’est comme le « tap » avec le téléphone.

Chaque puce ne contient qu’un kilobit d’information, ce qui n’est vraiment pas grand chose. Tout au plus, je peux « stocker » un numéro de téléphone, quelques mots de passe et une clé.

Comment s’est passé la pose de la puce ?

Tu sais, les puces qu’on implante sur les chats et les chiens pour ne pas les perdre ? C’est le même principe. Un américain a repris cette technologie pour la revendre à des particuliers.

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La puce est placée dans une seringue stérile et on peut se l’injecter soi-même. Au début, je me demandais qui pouvait m’injecter ça, en dessous la peau, de façon « safe ». J’ai demandé à quelques perceurs, mais personne ne voulait toucher à ça. Donc, j’ai fini par le faire moi-même, un soir. J’ai suivi les instructions qui sont assez claires et ça ne m’a pris que quelques minutes.

Puisqu’il n’y a rien dans cette région et que la peau est assez flexible, je l’ai insérée entre le pouce et l’index.

En levant la peau, on peut y implanter la puce.

Est-ce que c’est confortable ?

C’est une toute petite capsule de 2 millimètres par 12 millimètres de long. Si je touche, on peut sentir qu’elle est là, mais sinon, rien du tout. Ça fait quand même plusieurs années et je suis surpris d’à quel point ça ne me dérange pas. Et puis, c’est trop petit pour que ça sonne à l’aéroport (rires).

Quels sont les risques de la pose d’une puce ?

La plus grosse crainte que j’avais, c’était que ça s’infecte. J’ai été chanceux et je n’ai rien eu. J’avoue que je n’ai cependant pas consulté de médecin. Mais même s’il m’avait dit de ne pas faire ça… ça ne m’aurait pas fait changer d’idée, en fait.

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Combien a coûté la puce ?

C’était environ 150$ pour un petit « kit ». Ça vient avec des lingettes désinfectantes pour préparer la peau. J’ai pris ça sur un site qui s’appelle dangerousthings. (rires).

Penses-tu te la faire enlever un jour ?

Si je dois faire un IRM à l’hôpital, il faudrait que je me la fasse enlever.

Puisque la puce est en métal, la force du scanner l’attirerait hors de mon corps.

Mais, si je voulais la retirer, ça ne serait pas très compliqué. La puce se situe entre la peau et le muscle. Un petit coup de scalpel, et on pourrait la sortir.

Quelles ont été les réactions de ton entourage ?

Quand je rentre le matin et que je « punch » l’étage dans l’ascenseur, les gens me demandent : « Comment tu as fait ça? ». Quand je leur réponds : « J’ai une puce dans la main », ils ne me croient pas. Ils ne comprennent pas. Mais, au final, c’est juste un petit gadget comme n’importe quel autre.

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