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Comment en vient-on à réaliser un film à 6 mains ?
On a commencé à travailler ensemble à l’école de cinéma en se rendant compte qu’on était assez de nous trois pour composer une équipe technique et partir tourner le plus légèrement possible. Et instinctivement on a pris en charge l’écriture et la mise en scène tous les trois. C’est vraiment parti d’une envie de travail collectif et mobile pour que les films épousent la vie des tournages, des lieux dans lesquels on arrive, des gens qu’on y rencontre…
Pour Laurent dans le vent, on a prolongé la méthode en s’entourant d’une équipe un peu plus étendue mais le principe est resté le même. On fait tout ensemble de l’écriture à la post-production, et on passe beaucoup de temps à se parler, notamment pendant la longue préparation du film sur place. Pour qu’une fois que le tournage commence on ait une confiance aveugle les uns dans les autres.
Le fait d’être à la fois techniciens (Mattéo chef opérateur, Léo ingénieur du son, Anton scripte) et de réaliser à trois permet de bousculer un peu la place centrale du réalisateur et le pouvoir qui va avec. Ça produit une énergie où il n’y a jamais de certitude sur ce qu’il faut faire, tout est toujours à essayer, à rediscuter.
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Comment avez-vous pensé et écrit le personnage de Laurent et finalement, c’est quoi cette histoire de vents ?
L’idée est d’abord venue d’une anecdote qu’on nous a racontée sur un homme qui avait vécu une année entière seul dans une station de ski des Alpes pendant une période compliquée de sa vie. À cette situation cinématographique très forte, s’est accrochée une deuxième envie : écrire un personnage qui ressemble à beaucoup de proches à nous qui butaient violemment sur les impératifs de la vie active, qui s’en sentaient incapables, avaient l’impression d’être inutiles.
On avait envie d’accompagner ce personnage dans une espèce de renaissance alors qu’il est au plus fort de sa solitude et de ses doutes. Parce qu’en même temps, au fond de lui-même, il est déterminé à s’en tirer, il croit encore qu’une rencontre pourrait tout faire basculer. C’est donc une espèce d’ange gardien blessé qui débarque dans la vie des autres avec la ferme intention de s’y faire une place, quitte à s’oublier lui-même, à se perdre. Et c’est aussi un moyen de faire le portrait des habitant·es de la vallée qui affrontent chacun la solitude à leur manière, à la fois drôle et tragique.
On voulait que Laurent change doucement de regard sur le vent qui le porte. Que d’une fuite, agitée et sans fin, il puisse y voir l’occasion d’accepter l’instabilité et le mouvement, de faire de sa vie une aventure.
Mais ce qui a véritablement donné vie au personnage c’est la rencontre avec Baptiste Pérusat qui l’interprète. C’est grâce à lui que Laurent a enfin trouvé un corps et une voix singulière, qu’il s’est mis à nous surprendre nous-même.
Qu’aimez-vous susciter comme émotions chez celleux qui découvrent votre film ?
On espère que le film sera aussi drôle qu’émouvant. Et peut-être qu’il donnera envie aux spectateur.ices de faire des rencontres, de se perdre en ayant la conviction qu’il y a quelque chose à trouver sur le chemin, même sans savoir encore ce que c’est.
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Ça tombe magnifiquement bien puisque Laurent dans le vent sortira le 31 décembre en salle, il ne vous reste plus qu’à aller voir ce film aux réalisateurs multiples (et si possible, allez-y avec des spectateurs multiples aussi, afin de respecter le concept).

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