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Entrevue : Mansfield.TYA – Un monumental bon goût
Quand j’ai appris que Mansfield.TYA sortait un nouvel album ce 19 février 2021 sur WARRIORECORDS (label queer, transféministe, anti-raciste et résistant dont on reparlera bientôt dans un autre article), j’ai sauté sur mon clavier à la recherche du contact de leur attachée de presse. Impossible de ne pas interviewer ce duo poétique nantais qui, depuis 2002, squatte mes playlists et mes pensées.
C’est leur titre, « Mon Amoureuse », qui m’a d’abord envoûtée. C’était la première fois qu’une chanson française me prenait par les sentiments. Depuis, je guette la sortie de leurs opus comme un.e enfant qui croit encore au Père Noël. « Coeur de mousse modère ses battements ».
Au cas où vous ne le sauriez pas encore, Mansfield.TYA c’est Rebeka Warrior (Sexy Sushi & KOMPROMAT), poète de nuit, productrice de jour, passée par les beaux-arts, et Carla Pallone (VACΛRME), compositrice, violoniste baroque devenue multi-instrumentiste. Bref, un duo en or.
Cinq ans après l’inoubliable « Corpo Inferno », Rebeka et Carla reviennent avec un cinquième album qui porte bien son nom : « Monument Ordinaire ». Prenez 45 minutes de votre temps et laissez-vous porter par des titres mélancoliques et heureux, tiraillés entre la fureur de vivre et l’envie, parfois, de laisser la mort reprendre sa place. Nos vrais gros coups de coeur qu’on écoute en boucle à la rédac’ : Une danse de mauvais goût (feat Odezenne), Le parfum des vautours, L’acqua Fresca. Interview WhatsApp, sans filtre et presque sans coupures wifi.
« Monument Ordinaire » : qui a eu l’idée de ce titre fantastique et qu’est-ce que ça évoque ?
C’est Théo Mercier (ndlr, plasticien nantais) , il a d’ailleurs fait tatouer ce titre sur ses poignets. En fait, on pataugeait un peu et il nous a aidées à y voir plus clair. C’est aussi lui qui fait nos pochettes, donc il a tendance à savoir bien résumer les choses visuellement. On lui fait confiance.
Quand il a proposé ça, « Monument Ordinaire », ça nous paraissait évident et ça résumait bien tout ce qu’on essayait de rassembler de notre côté au niveau des titres.
Sans le savoir, on a été assez prévoyantes car on avait plein de matière qui nous a permis d’avoir un stock dans lequel on a pu puiser ensemble durant cette période.
C’est le meilleur ! (rires) C’est toujours le dernier, le meilleur. Il est très différent des autres parce qu’on a, nous aussi, beaucoup changé en 20 ans d’existence. On ne raconte plus forcément les mêmes choses qu’avant, on a évolué. Avant, on n’avait pas la même expérience musicale, pas les mêmes expériences de vie, pas les mêmes lectures. La pandémie nous a aussi obligées à affirmer des distinctions qui se ressentent plus sur cet album que sur les autres.
Les collaborations sont hyper précieuses pour nous sur cet album parce que c’était des nouvelles rencontres et il y a un vrai truc qui s’est passé, c’était hyper fluide et évident de se retrouver sur une sensibilité commune avec Odezenne et Fanfan, le chanteur de Bérurier Noir.
Quel est le message principal de ce 5e album, s’il y en a un ?
C’est la vie ! Et comme dans tous nos albums, il y a aussi ce truc de vouloir résister à la mort. C’est notre message récurrent. On ne peut pas en faire abstraction.