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Couvrez ce chef que je ne saurais voir
Je vous apprends rien : le soleil est là et il tape fort. Pour s’en protéger, on met des chapeaux. Hyper malin non ? URBANIA a décidé, rien que pour vous, d’analyser ces différents types de coiffes bien plus chargées politiquement qu’il n’y paraît.
Accessoire de mode ou vêtement purement pratique : il y a autant de sortes de couvre-chefs qu’il y a de sortes de pâtes sur terre (pas une raison pour vous mettre des pâtes sur la tête). On a donc mené pour vous une analyse extrêmement poussée sur une sélection complètement arbitraire et non exhaustive de six chapeaux.
La casquette plate
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Il y a un an, on t’aurait dit de lâcher ça. Tu portes cet accessoire comme un marqueur de ton attachement à la culture Hip-hop américaine alors que tu vis à Montreuil, ça n’a aucun sens. Les derniers qui la portaient bien, c’était la Sexion d’Assaut – d’ailleurs, ils en ont fait un hit, 2010 quand tu nous tiens… Désormais, TikTok a instauré le “2026 is the new 2016” donc on peut tolérer, mais attention : même si tu continues à porter des accessoires de ton adolescence, tu es désormais adulte. Alors pitié, fais l’effort de te déplacer au bureau de vote ou de faire une procuration. Chaque année, tu oublies parce que t’es “pas trop dans la politique”, et après, tu te plains de la montée de l’extrême droite. Prends tes responsabilités.
La visière
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Populaire uniquement chez les joueurs de golf et de tennis qui en ont fait leur symbole, la casquette à simple visière reste un mystère pour nous. En plus d’être de droite, les gens portant ce curieux accessoire ne semblent pas bien malins (pléonasme ?). Certes, ils n’ont pas le soleil dans les yeux, mais l’insolation n’est pas loin, par rapport au fait qu’il n’y ait pas de tissu pour protéger le haut de la tête. Prendre soin de votre crinière semble être votre priorité, et on peut le comprendre : écraser ses cheveux propres et brillants dans une casquette pleine de sueur, ce n’est vraiment pas le top, mais c’est toujours mieux de passer la nuit à vomir à cause d’un coup de chaud. Non ?
Après, peut-être que c’est un code entre soutien des LR, pour se reconnaître dans la rue, se faire un clin d’œil et se sentir moins seul, on ne sait pas.
Le style gavroche
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Bouffante, à la frontière entre casquette et béret, la gavroche était, à l’origine, portée par les paysans des campagnes britanniques. Ce couvre-chef traversera ensuite l’Atlantique pour devenir le signe distinctif des jeunes vendeurs de journaux sous le nom de “newsboy cap”. Autant vous dire que ce n’était pas un accessoire à la pointe de la mode à l’époque (et ça ne l’est toujours pas d’ailleurs. Si ? )
En 1862, Victor Hugo sort un tout petit roman, simple à lire et qui n’aura aucun succès, dans lequel l’un des personnages est coiffé de cette casquette. Gavroche, de son nom, est un enfant, symbole de la liberté et de la Révolution.
Si vous vous coiffez d’une gavroche aujourd’hui, vous avez probablement adoré Les Misérables (c’est hyper niche) et vous avez décidé de montrer au monde votre penchant révolutionnaire en adoptant le style typique du “titi-parisien” anarchiste manager en cabinet de conseil. Conclusion : vous avez voté Macron aux dernières élections (pour faire barrage).
La casquette classique
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En arrière, sur le côté, pour cacher une coupe ratée ou pour compléter un outfit, on peut toujours compter sur la casquette classique (aussi dite “de baseball”, un sport aussi obscur pour nous que le Quidditch, mais passons). À l’envers, elle devient même le signe d’une coolitude extrême (essayez, vous verrez.). Initialement, les premiers à retourner leur casquette étaient les joueurs de baseball et les soldats américains. Ce geste a ensuite fait son petit bonhomme de chemin, en étant notamment récupéré par les figures du rap des années 80 aux USA (encore eux ??) et en devenant un symbole d’anticonformisme : “j’obéis ni à la mode, ni au soleil, tu vas faire quoi ???”.
D’après une étude très sérieuse menée par Caleb Warren et Margaret C. Campbell, ce qui est considéré comme cool par la majorité des gens, c’est ce qui coche ces deux critères : 1/ en dehors des normes, 2/, mais pas trop non plus. La casquette à l’envers réunissant à merveille ces deux caractéristiques, c’est comme ça qu’elle est devenue cool. Plus qu’une capeline ou un haut-de-forme en tout cas (et c’est aussi plus pratique dans le métro.)
Pour autant, de nos jours, retourner sa casquette n’est plus si crazy que ça l’était par le passé (c’est presque aussi banal que les retournements de veste du PS). Tel votre vote écolo, ce n’est pas si clivant que ça et ça ne sert à rien.
Le béret
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Il y a donc des gens qui ne sont pas mimes de profession, mais qui, quand le soleil pointe le bout de son nez, se réjouissent de pouvoir enfin porter leur béret rouge pétant ?
D’origine béarnaise (comme la sauce), le béret est probablement l’un des symboles français les plus connus au monde. S’il rayonne internationalement, dans l’Hexagone, c’est tout autre chose (un peu comme Jean-Michel Jarre). Plus souvent vu sur les bancs du canon français ou aux meetings du Rassemblement National qu’à Montmartre, il fait aujourd’hui partie de l’attirail parfait du faf : « ma France, mon pinard ».
Souvent, le fan de béret est fan de plein d’autres choses qui n’ont absolument rien à voir et qui ne sont absolument pas situées sociologiquement, comme la chasse (à courre ou non), les férias de Dax et, bien évidemment, les vestes sans manches.
Si certains d’entre vous continuent de porter cet accessoire original pour ne pas le laisser à l’extrême droite, bravo ! Vous faites passer votre engagement avant votre style et ça, c’est fort !
Le bandana
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“Version Bikini du voile”, disait Alain Rey en 2004. Véritable cravate des classes ouvrières américaines dans les années 30, signe distinctif entre les Crips et les Bloods (#ganster) et accessoire subtil pour exprimer ses préférences dans les communautés homosexuelles des années 1970, le bandana a une longue histoire derrière lui que monsieur Rey semblait ignorer.
Mot originaire du sanskrit, ce bout de tissu venu d’Inde est encore très populaire aujourd’hui, notamment auprès des militants de gauche.
En effet, en plus d’être hyper joli (on peut le porter de plein de manières et de couleurs différentes, et ça, c’est coooool) et pas cher en friperies, c’est aussi très pratique en manif’. Imbibez-le de vinaigre de cidre et vous aurez une protection contre les gaz lacrymogènes (pas imparable, mais c’est déjà pas mal.). Du violet de LFI au rouge du NPA, cet accessoire est le must pour vous rendre au bureau de vote.
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