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Lydsten signifie « pierre sonore » en danois. Et c’est dans cet univers minéral que l’artiste a choisi de sortir son premier EP Calcite. Projet solo où il exprime le pouvoir de différentes pierres à travers des mélodies lumineuses et cosmiques. Entre house et électronica, un style encore peu connu en France mais qui gagne à être découvert. Si vous ne connaissez pas encore Lydsten, c’est normal : vous êtes au bon endroit.
Comment t’es venu le goût pour la musique ?
Ça fait deux ans et demi que je compose. Je faisais du piano classique quand j’étais plus jeune. J’ai dû arrêter après mon bac. J’ai fait une grosse école d’ingénieur dans le nord de Paris. Il y avait pleins d’associations, notamment une qui organisait un festival de musique. On faisait venir des artistes de partout, c’était assez éclectique, pop rock électro. Je n’avais pas l’oreille affûtée à l’époque et pas de musique de prédilection, j’écoutais de tout. À la fin de cette année-là, ça m’a donné envie de tenter un truc : je me suis acheté des platines et j’ai fondé ma propre asso de DJ. Ça ne faisait pas six mois que j’apprenais à mixer que je pouvais déjà jouer devant 2000 personnes, c’était assez marrant. J’ai eu de plus en plus envie de jouer en live. Avec un autre pote, on avait monté une sorte de duo où moi, j’avais juste une boîte à rythmes et un synthé, et lui des percus. Et on jouait comme ça pendant 30 à 45 minutes. Ce n’était pas trop structuré (rires) ! Mais ça m’a donné envie de composer. J’ai ensuite rapidement sorti un projet en un mois et demi. J’ai trouvé un tremplin où j’étais obligé de faire un live.
Comment le projet Lydsten a vu le jour ?
À l’époque, mon nom de scène c’était Cailloux, j’avais déjà envie de jouer avec cet esprit des pierres. J’ai ensuite déménagé à Lille pour le boulot. Pendant le confinement, j’ai été mis en chômage partiel et ça a été l’occasion de faire de la musique tous les jours. J’ai pu chercher une direction artistique propre, un univers dans lequel j’avais envie d’évoluer. J’ai voulu raconter une histoire avec un objet, les pierres. À partir de leur couleur, de leur texture et de leur bienfait en lithothérapie. C’est dans cet esprit que j’ai composé mon premier EP Calcite. J’ai aussi décidé de changer de nom pour passer d’un nom encore un peu enfantin à Lydsten. Et puis ma musique n’est pas vraiment représentée en France, c’est soit la French Touch 2.0, le rap ou de la pop électro. Il n’y a pas beaucoup d’artistes français à part Rone et Superpoze qui font un peu ce que je fais. Alors j’ai changé de nom ! Et comme c’est une musique davantage écoutée à l’étranger, je me suis dit que ça serait dommage d’avoir un nom 100% francophone. Enfin, je voulais raccrocher avec mes origines danoises qui viennent de ma mère. Lydsten, c’est pas facile à dire, mais tout le monde peut au moins essayer de le prononcer (rires) !
Comment définirais-tu ton style et quelles sont tes influences musicales ?
L’EP Calcite est dans une veine progressive house. C’est une rythmique plutôt classique avec pas mal de textures et de synthé un peu partout. C’est aussi très mélodique, je m’attache beaucoup à ça, le fait de raconter une histoire dans chaque track. Pour autant, je ne considère pas que c’est de l’électronica encore, droit au but et destructuré, c’est encore assez mélodique house. Pour mes futurs projets, il est question d’assumer quelque chose d’un peu plus personnel et nouveau. Dans le 2ème EP, ce sera plus dans cette veine électronica. Le temps de progresser dans le mix et dans les idées.
Parmi les artistes qui m’inspirent beaucoup et que j’admire, il y a en tête de liste, Kiasmos. C’est le duo Ólafur Arnalds et Janus Rasmussen, qui sont sur le label Erased Tapes. C’est une musique incroyable. Comme moi, ils essayent de remettre le piano au centre mais dans un univers minimal techno. C’est hyper riche en textures sonores mais il y a très peu d’instruments. T’as l’impression que la musique vit.
Après, je pense à Rival Consoles, sur le même label. Plus sur le côté dance, il y a Bicep. Ils sortent des codes où les rythmes tapent tout le temps au même moment. Leur dernier album est monstrueux, il n’y a pas une seule rythmique classique. C’est un peu ça que j’essaye de faire aussi, avec des tracks un peu moins dansantes.
Peux-tu nous parler de ton inspiration pour les pierres ?
Au début, c’était pour trouver un guide, quelque chose qui fait un lien. Et puis, plus tu fais de la musique, moins t’as de l’inspiration donc il fallait que je trouve quelque chose de nouveau. J’ai un nouveau site favori qui s’appelle france-mineraux.fr. C’est super bien fait parce que t’as des visuels très détaillés de chaque pierre, t’as toute l’histoire de leur découverte aussi, c’est très pointilleux mais très intéressant. Après, tu as toute une partie sur la lithothérapie, ce qu’elle est censée apporter psychiquement et physiquement. Ça m’aide beaucoup parce que si c’est une pierre utilisée pour apaiser, je ne vais pas faire un son à 130 bpm assez sombre. À l’inverse, s’il y en a une pour libérer le corps, là je vais aller sur quelque chose d’un peu plus rapide. Le premier titre Beryl de l’EP par exemple, quand tu observes la pierre, t’as quelque chose d’opaque, qui n’est pas extrêmement lumineux à la base. C’est ça que tu retrouves dans l’ambiance du morceau, avec des synthés à la fois très lumineux et un peu filtrés. C’est comme ça que je m’en inspire et que ça m’aide à composer.
Tu as filmé des lives sessions ?
Oui ! Un clip qui raconte une histoire, ça peut être très bien fait comme pour les gros artistes mais ça demande du budget. Je ne voulais pas juste coller des belles images sur une musique. Avec des potes forts en image, on s’est dit qu’on allait enregistrer des lives sessions où je prends mes synthés pour jouer dans des endroits un peu insolites. Pour Beryl, on a fait ça dans une cave blanche comme de la craie, ça collait bien avec l’univers de la track. Et on a travaillé des effets avec beaucoup de textures et de grains à l’intérieur. Pour le deuxième morceau Amber, on est allés dans une salle vide où on a joué davantage sur la lumière cette fois. Une grosse lumière orange qui vient rappeler la musique et un côté plus contrasté où des lasers partent en live quand le morceau est plus breaké. C’est aussi un moyen de montrer que je sais faire des lives, et comment je les fais.
Peux-tu nous parler de ton prochain EP Agape ?
La date de sortie est fin 2021. Je ne veux pas l’avancer parce que je ne pourrai pas le défendre en live avant. Je veux pouvoir faire une release party aussi. Je vais donc passer plus de temps à bien le peaufiner pour le sortir d’une belle manière. Là, j’ai déjà une vingtaine de démos dont cinq déjà bien abouties. Pour la composition, je me suis isolé une semaine avec un pote dans une baraque dans la forêt. Globalement, c’était le deuxième confinement, il n’y avait rien de très optimiste. Donc les tracks sont hyper sombres. On a l’impression que je lâchais un peu toute la frustration de ne pas pouvoir les jouer en live, danser avec les gens. Il est globalement sombre et plus dansant, avec un esprit plus club. L’EP va s’appeler Agape parce que je joue sur cette pierre hyper sombre et quand tu la casses à l’intérieur, elle est ultra lumineuse. Ça sera plus électronica avec du synthé assez mélodique.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
J’avais gagné un tremplin l’année dernière pour le Beach Touquet Festival, gros festival de musique dans le nord. Ça a été annulé l’an dernier et ça risque d’être annulé cette année aussi. En booking, j’ai 0 date, rien de prévu. Avant tout ça, le projet commençait à prendre de l’ampleur avec la signature de l’EP chez Enlace Records. D’un coup, il n’y a plus rien. C’est flippant parce que j’ai la crainte qu’à la reprise, tout le monde se rue sur des marqueurs connus et sur une scène qui n’a pas joué depuis longtemps aussi, avec des gros artistes pour recommencer.
Donc refaire des vrais lives au plus vite, ça serait déjà bien. Peut-être sortir un premier vinyle, ça serait bien aussi. Je m’attache beaucoup à un univers où tout est connecté, ça va jusqu’au graphisme sur les pochettes. Là, j’ai délégué à Jérôme Bruley qui a fait tout cet univers minéral. Dans mes lives, j’aimerais un jour avoir un show avec des écrans, un type de lumière spécifique pour essayer de retranscrire cet univers. Ça s’y prête très bien avec les textures et lumières distinctes des différentes pierres. Ça demande d’aller un peu plus loin et d’être un peu plus accompagné.
À suivre…
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