Logo

À la découverte de Dirty Zoo

Montez le son.

Par
Romain Amichaud
Publicité

Cela fait 9 ans que Dirty Zoo écume les scènes pour livrer un hip-hop qui mélange les styles et les saveurs. Après 3 EPs, ils sortent leur premier album Futurs anciens ce 18 juin. À l’occasion de la sortie de leur clip La moula, on a discuté avec les 2 MCs, 2ksee et Namko, et avec Biga, le machiniste du groupe. On a découvert un groupe qui ne se prend pas au sérieux et qui le revendique. Si vous ne les connaissez pas encore, c’est normal : vous êtes au bon endroit.

Dirty Zoo ce serait « le parc zoologique le plus sale de Paris ». Il est où ce parc, en vrai ? Et il vient d’où ce nom ?

Publicité

2ksee : Dans le 20ème, tu peux trouver quelques débris de ce qui reste. En fait, au départ, on était 5 MCs. On s’est connectés sur le premier son qui s’appelait « La nuit ». À la fin, on s’est dit que ce serait cool de faire un projet tous les 5. Ça avait bien matché. On a réfléchi, on avait plusieurs noms en tête, on avait d’abord pensé à « La ménagerie ». On était déjà dans le champ lexical des animaux !

Namko : C’était un égotrip animalier au début. Chaque MC avait un animal de référence et puis on a tranché pour Dirty Zoo. En plus ça faisait un petit clin d’œil à Ol’ Dirty Bastard et Brooklyn Zoo comme on était fans.

Biga : Maintenant, on se détache un peu de ce côté animal mais toujours avec des petits clins d’œil.

Bravo pour La Moula, le clip est super beau. D’ailleurs, comment définiriez-vous « la moula » pour celles et ceux qui ne savent pas ce que c’est ?

Namko : « La moula » c’est une expression très ancrée dans le rap. Elle a un double-sens. C’est l’argent, le pognon, la course à faire de l’argent. Mais c’est aussi la drogue. Nous, on voulait surtout insister sur le côté argent de la moula.

Publicité

Quel message avez-vous cherché à transmettre à travers ce titre ?

Namko : Maintenant dans le rap, ce qui est drôle, c’est que tout le monde glorifie l’argent. On ne parle que de ça ! Nous, on voulait faire l’inverse et dire qu’on aimerait bien juste avoir ce qu’il faut pour vivre. C’est en contradiction avec tout ce qui se fait actuellement, très capitaliste. Money, money, money !

Biga : Souvent, dans leurs clips, les rappeurs veulent montrer qu’ils font de « la moula » avec la drogue. Et que finalement la drogue c’est de l’argent, d’où le double-sens du terme. Nous, on a pris le truc à la dérision : la piscine de billets, c’est de la complète dérision. C’est de l’anti bling-bling.

Comment l’idée du clip vous est venue d’ailleurs ? Comment s’est passée la réalisation ?

Publicité

Biga : C’est une boîte de prod qui nous a aidés : Tease Production. Et justement, ce n’était pas facile parce qu’on n’a pas de « moula » (rires) ! La boîte de prod a kiffé notre univers et le fait qu’on ne se prenne pas au sérieux. Ils ont accepté le projet mais voulaient avoir carte blanche pour écrire le script. Ça nous allait très bien parce que c’est leur métier. Ça a super bien marché ! D’ailleurs, on va faire le deuxième clip avec eux, pour le feat avec Gérard Baste, « J’irai vomir chez vous ». C’est cool, Il y a une vraie émulsion qui se crée entre nous.

Publicité

Dans votre album qui sort le 18 juin , il y a plusieurs styles : du reggae, de l’électro, du rap bien sûr. Comment définiriez-vous votre style ?

Namko : On n’a pas de barrières parce que nos influences sont vraiment éclectiques mais précises. Selon les personnalités dans le groupe, il y en a qui vont être très influencés par du metal, du hard core, du punk. D’autres par du hip-hop conscient, festif, du rock steady et même du free jazz. C’est un gros brassage ! On a eu la chance de travailler avec S.O.A.P, le réal de l’album qui était dans l’école Chinese Man. C’est quelqu’un de très éclectique aussi.

2ksee : À part le fait qu’on écrive en mode rap, il n’y a pas de fil conducteur. On sent, dans les sonorités, qu’on a plusieurs influences musicales. On fait avec ce qu’il nous plait. Le but c’était de se faire kiffer avec des ambiances et des instrus différentes.

Quels sont vos inspirations ?

Publicité

Namko : Ça peut passer par Goran Bregović, Lofofora, Panthera, Cypress Hill, Saïan Supa Crew, High Tone, le Peuple de l’Herbe, et ça peut aller jusqu’à John Coltrane. No limit !

Publicité

Il y a aussi beaucoup de références au ciné et à la télé dans votre d’album. Vous êtes fans du petit et du grand écran ?

2ksee : Oui, il y a des gros diggers de films dans le groupe. On est assez fans des films des années 80…

Namko : Chaque influence cinématographique est différente. Moi je suis un gros fan des films des années 50-60. Tous les films avec Jean Gabin, genre Mélodie en sous-sol ou avec Lino Ventura, Les tontons flingueurs, ou Un singe en hiver. Après pour le petit écran, le fameux carré magique, la base commune c’est Strip Tease.

Biga : Oui, Strip Tease, on en connait certains par coeur ! On reprend des citations ou des accroches qui nous font rire. On a trippé aussi sur Christophe Hondelatte quand il a sorti son album, il était à fond avec son Docteur House, alors que c’est vrai que c’était bien nul.

Publicité

À part un disque platine et le « Prix du meilleur concert Zoom en 2022 », qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

2ksee : Modestement et à notre niveau, des scènes bien évidemment. Parce qu’il faut quand même le dire, je pense qu’on dépasse de loin Orelsan et Gringe (rires). On a quand même beaucoup de chance, on a fait des trucs géniaux à notre niveau. La première partie de Svinkels à l’Olympia, entre autres. Et même si c’est dans des petites salles, on a fait des concerts géniaux ! Et c’est pour ça qu’on fait tout ça. On a la chance d’être soudés et bien entourés, c’est ce qui fait notre force aussi. Enfin, ce qu’on souhaite et ce qu’on fait depuis toutes ces années, c’est de rester fidèles à nous-mêmes.