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3 questions à Benjamin Dierstein

Par
Simon
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Son dernier livre, Bleus blancs rouges, pour « la bleusaille, les cols blancs et les cocos », plonge dans la France de la fin des années 70 et Benjamin Dierstein confirme qu’il faut arrêter de le comparer à James Ellroy. Parce que l’élève a dépassé le maître. Premier tome d’une trilogie qui est déjà entièrement écrite. Youpi.

Pourquoi cette période 78-84 pour ta trilogie ?

C’est une période explosive. Nos années de plombs à nous. Pas aussi dures qu’en Allemagne ou en Italie, mais quand même. Des centaines d’attentats. Énormément d’affaires. Il y en a eu après, mais elles n’étaient pas révélées en direct. J’ai un côté moral malgré moi. Je déteste la politique mais je m’y intéresse. 1984, c’est la nomination de Fabius, le choix de la mondialisation. La gauche qui lâche les ouvriers. Les premiers scores du FN. On se demande pourquoi le RN fait 30 % aujourd’hui, tout a commencé à ce moment-là.

Tu as écrit trois volumes. Comment fais-tu pour écrire autant ?

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La phase de recherche est longue. Je construis tout dans ma tête. J’ai des CV de 60 pages sur chaque perso. Ensuite, j’écris 30 pages par jour, comme une écriture intuitive. Mais j’écris très mal (rires). Plein de répétitions. Alors, j’ai une troisième phase de relecture que je passe le nez dans le dico des synonymes. J’enlève des persos ou je les fusionne, je simplifie l’intrigue. Celui-ci, je l’ai réécrit dix fois. J’ai dû enlever 20 % des pages.

Ton bureau ressemble à un bureau du FBI avec des photos reliées par des fils rouge partout au mur ?

Ahahah, dans ma tête c’est un peu ça ouais. Non, j’ai des tas de docs différents qui me permettent de tout caser où il faut. Un doc personnages, un doc chronologie, un doc pour les détails de la vie quotidienne, un pour les fils narratifs, un pour le style, un pour la structure globale… Et quand je commence à écrire, je pioche dans tous les docs. C’est sacrément pratique le copier-coller putain cette invention. J’imagine même pas comment construire mes trucs avec des post-its.

Bleus blancs rouges est sorti aux Éditions Flammarion.

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