2014 en musique : Iggy Azalea x Charli XCX, Taylor Swift et… Serge Fiori

Sur la scène internationale, les femmes ont dominé les palmarès

Pour célébrer la fin de la décennie, on jette un coup d’œil sur la musique qui a marqué chacune de ses années. On s’approche du milieu de la rétrospective alors qu’on s’attaque à 2014.

Et enfin, huit ans après ses débuts dans certains pays d’Europe et trois ans après être arrivé aux États-Unis, Spotify devient accessible au Canada le 30 septembre 2014. Quand la plateforme débarque chez nous, on ne comprend pas toute la patente. Est-ce que toute cette musique est vraiment gratuite? Est-ce qu’il s’agira d’une nouvelle mine d’or pour nos artistes?

En février, Spotify annonce en grande pompe que c’est la chanson Wake Me Up d’Avicii qui a été la plus écoutée depuis ses débuts. Au mois de novembre, la chanson détient encore la distinction lorsque le chanteur Aloe Blacc décide de prendre la parole. En plus de prêter sa voix à la chanson, le Californien est crédité comme l’un des auteurs-compositeurs de la chanson. Malgré les centaines de millions d’écoutes, il ne s’est fait que 4000$ grâce à Spotify. À l’automne, Taylor Swift retire toute sa discographie de la plateforme. L’écoute en continu, ce n’est peut-être pas si simple après tout…

Le hit de l’année

Les minions ont dominé le milieu de la décennie, et tout ce qu’ils touchent se transforme en or. À la fin de 2013, Pharrell Williams fait paraître la chanson-thème du deuxième film de la franchise Détestable moi. Pendant que le film engrange presqu’un milliard de dollars au box-office, sa pièce Happy se vend à des millions d’exemplaires sur la planète. Après des années à produire des succès, voire à chanter sur les chansons des autres, la carrière solo de Pharrell Williams devient enfin crédible.

Ce n’est pas compliqué : Happy est la chanson qui a obtenu le plus de succès sur les palmarès en 2014 au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en France, alouette. Simple, joyeuse, entraînante mais pas trop, la pièce rejoint un très large public, ce qui contribue sans aucun doute à son succès.

Autres succès

Si c’est un gars qui obtient tout le succès au début de l’année, l’automne 2014 est l’affaire des femmes. Si bien que durant sept semaines consécutives, les cinq premières positions du Billboard Hot 100 deviennent un girls club exclusif. À l’époque, j’étais toute excitée de voir my girl Charli XCX atteindre le sommet des palmarès avec Iggy Azalea pour la chanson Fancy. En plus du refrain accrocheur, la pièce a grandement bénéficié d’un vidéoclip haut en couleur. Celui-ci parodiait en effet la comédie romantique Clueless, un peu l’ancêtre de Mean Girls. Le vidéoclip sera le plus regardé sur Vevo en 2014. Pendant quelques semaines, Iggy réussira même à occuper les première et deuxième places du Billboard en même temps. Elle peut dire merci à Ariana Grande, qui la recrute l’instant d’un couplet dans son succès Problem.

Les autres femmes qui ont du succès incluent autant des nouvelles figures comme Meghan Trainor et sa chanson All About that Bass que Tove Lo et Habits. Nicki Minaj crée elle aussi tout un buzz avec la très explicite Anaconda. Le vidéoclip en particulier prouve une fois pour toutes que les États-Unis, c’est un pays de fesses plus que de seins. Enfin, 2014, c’est l’année où Taylor Swift délaisse le country pour devenir 100% pop avec l’album 1989. Deux de ses chansons se retrouvent en pôle position. En novembre, elle devient la première femme à se remplacer elle-même au numéro 1 quand Blank Space détrône Shake It Off.  

Au Québec

En 2014, l’ancien chanteur d’Harmonium, Serge Fiori, effectue un retour sur disque. Son premier album en près de 30 ans, Serge Fiori vient toucher une corde sensible. Même après toutes ces années loin des caméras et des micros, le public ne l’a pas oublié. Sorti en mai, le disque remporte le Félix du meilleur vendeur. Il bat au passage des albums qui étaient sortis pourtant des mois auparavant.

Pendant qu’un vieux routier fait des ravages, Patrice Michaud commence à peine son ascension. C’est en février 2014 qu’il fait paraître Le feu de chaque jour, album sur lequel on retrouve Mécaniques générales. Dans un style similaire, le Monctonien Joseph Edgar fait lui aussi un malheur avec Espionne Russe.

Succès critiques

En 2014, une nouvelle venue britannique brise tout sur son passage. Son nom? FKA twigs. Autant son premier album LP1 que sa chanson Two Weeks dominent les listes de fin d’année. Et pour cause : l’autrice-compositrice-productrice-interprète débarque avec un style absolument unique. On y sent autant d’influences de musique électronique que d’indie et de R&B, le tout dans une enveloppe complètement déconstruite. Les ambiances sonores sont à la fois synthétiques et chaleureuse, comme avoir du sexe dans le futur.

Parmi les autres projets bien reçus en 2014, on note l’album St. Vincent de la chanteuse et guitariste du même nom, née Annie Clark. Une journaliste de Pitchfork indique que l’effet imprévisible d’une banane dans un micro-ondes doit sonner pas mal comme ses solos. Cinq ans plus tard, la précision de cette phrase me hante encore. Dans le merveilleux monde du rap, les gros noms prennent une pause. Qu’à cela ne tienne, El-P et Killer Mike, deux rappeurs de l’underground, obtiennent un succès critique phénoménal avec Run the Jewels 2, deuxième album de leur projet collaboratif. Au Canada, on note les projets forts intéressants de Mac DeMarco (Salad Days), Alvvays (Alvvays) et Caribou (Our Love)

Au Québec, 2014 est un peu un creux de vague. Si bien que les listes de meilleurs albums de la décennie qui sortent ces jours-ci font peu de place aux albums sortis cette année-là. Pour ceux qui aiment explorer, ce sont les débuts de Philippe Brach et la consécration pour Antoine Corriveau. Son album Les ombres longues présente un auteur-compositeur-interprète accompli qui sonne comme le lendemain sobre de la fin du monde. De l’autre côté de la nuit, Salomé Leclerc fait bonne figure avec 27 fois l’aurore, album électro-folk qui fait l’unanimité.

De mon côté, entre les nouveaux albums de Lana Del Rey, Iceage et Perfect Pussy (faites bien attention quand vous cherchez ça sur Google), mon attention va vers Transgender Dysphoria Blues d’Against Me. Même si la conversation sur les droits des minorités de genre commence à se faire à l’époque, un disque punk qui aborde la transsexualité de façon si crue détonne. Ça aide que l’album soit excellent. Et il n’y a pas que moi qui le dis! L’album se retrouve dans les listes de fin d’année de Spin, Rolling Stone et Stereogum entre autres. Cinq ans plus tard, ça demeure une écoute nécessaire, peu importe son vécu. Dans mon cas, ça m’a sauvé la vie, alors je me sens pas mal de le plugger après mille mots sur ce que les autres écoutaient en 2014.

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